Ibrahima Chérif Bah, numéro deux de l'Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG)
Ibrahima Chérif Bah, numéro deux de l'Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG)

Le débat fait rage depuis quelques semaines dans la cité. L’adoption d’une nouvelle constitution qui aboutit à un troisième mandat d’Alpha Condé divise les Guinéens. Plusieurs incidents entre pro et anti nouvelle constitution ont été enregistrés.

Cette semaine, au cours d’un entretien qu’il a accordé à Aminata.com, Ibrahima Chérif Bah, vice-président de l’UFDG chargé de la communication a qualifié d’illégale la volonté des autorités de faire voter une nouvelle loi fondamentale. Il a déclaré que si le président de la République s’entête, le peuple de Guinée va demander son départ. Lisez la première partie de l’entretien.

Aminata.com : comment êtes-vous arrivé à cette union ?

Ibrahima Chérif Bah : c’est la meilleure chose qui est arrivée à la Guinée ces dernières années. Voir tout ce monde regrouper derrière un but commun en créant le Front national pour la défense de la constitution (FNDC).  Soyez certain que c’est un pas en avant qui a été franchi. Tout le monde a tu ses dissensions pour se mettre ensemble. Quand on a voulu chercher de leader pour ce mouvement, naturellement on a dit à la société civile de conduire. On a eu ce regroupement de tout ce monde : partis politiques, syndicats, société civile. On a eu ce jour-là une présence vraiment symbolique. Le doyen Fofana qui a 94 ans qui est venu. Il a dit qu’on lui a appelé et qu’il venu. Il a dit qu’il est un ancien du RPG. Il a participé à l’implantation du parti dans tout le pays, il a même fait l’apprenti camion pour implanter le RPG à l’intérieur. Il a dit qu’il est déçu depuis 25 ans quand il a senti la tendance dictatoriale d’Alpha Condé il a démissionné. Il a dit qu’aujourd’hui même s’il meurt il est satisfait. Ces jours-ci tout le monde va désigner des représentants pour créer les commissions de travail pour définir des actions concrètes afin de passer à l’action. Le Front est ouvert.

Si le pouvoir ne recule pas. Etes-vous prêts à une confrontation ?

Je ne sais pas si ces gens ont fait du sondage mais à leur place je ferai un sondage scientifique pour savoir que 80% des Guinéens sont contre un tripatouillage de la constitution. La constitution actuelle est verrouillée. Pourquoi une nouvelle constitution. Est-ce qu’on est en transition. On n’est pas dans un coup d’Etat militaire pour dire que les institutions sont tombées. Le fait de préparer une nouvelle constitution veut dire tout ce qui est fait avec elle est jetée à savoir tout ce qui est mis en place comme structures fonctionnelles de l’Etat. Le fait de faire une nouvelle constitution est illégale.

Est-ce que vous allez demander le départ du Président Alpha Condé s’il insiste dans sa volonté de changer de constitution ?

Ce n’est même pas nous qui allons demander cela. C’est le peuple.  J’ai donné un conseil au RPG, j’ai dit tout est calme allons à l’alternance. Le RPG n’a qu’à faire un congrès pour désigner son candidat.

Vous avez demandé il y a quelque temps que le RPG désigne un Guinéen de souche. La déclaration a fait un grand bruit dans la cité. Est-ce que vous maintenez cette déclaration ?

Le RPG est dans une dictature féroce. Il n’a pas tenu son congrès depuis très longtemps. Pourtant il y a des cadres qui veulent que le parti fonctionne bien. Le RPG doit faire un congrès pour choisir un candidat, un bon Guinéen qui connait ce pays. Un Guinéen qui connait que la route Conakry-Kindia la route est mauvaise, la route de pomme de terre pour aller à Timbi Madina est mauvaise, la route Beyla-Kérouané est impraticable. Pourquoi créer une crise qu’on n’a pas besoin ?

Quand vous dites un « Guinéen de souche », vous voulez dire que notre président n’est pas Guinéen à 100% ?

Je parle d’un Guinéen qui connait bien le pays. Un Guinéen qui est né en Guinée qui quitte le pays à l’âge de 15 ans pour faire sa vie en Europe et qui revient pour être président. Est-ce qu’il connaît ce pays. Quand je parle de routes, c’est ce Président qui se déplace à travers nos routes pas de survoler le pays par avion. Il sait comment la Guinée fonctionne.

A plusieurs reprises le Chef de l’Etat vous a accusé vous les anciens dirigeants du régime de Lansana Conté de mauvaise gestion et de détournement. Vous étiez vice-gouverneur de la banque centrale. Parallèlement est-ce que vous pouvez faire une étude comparative de la gestion de la BCRG de celle d’hier et celle d’aujourd’hui ?

La Banque centrale reste encore une institution correcte avec des procédures que nous avons laissées en place. Les cadres qui sont là ont travaillé avec nous pendant au moins 10 ans. C’est une institution relativement stable. Bien entendu elle gère la monnaie. La monnaie dépend de la gestion globale de l’économie particulièrement du budget, ce qui se passe aux impôts, aux trésors et à la douane influent sur le budget et sur la monnaie. La monnaie est un reflet. Bien entendu le gouverneur.

A suivre la deuxième partie de l’interview.

Entretien réalisé par Alpha Oumar Diallo pour Aminata.com

alphanyla@gmail.com

+224 628 38 98 39

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