Un diamant de plusieurs centaines de carras détourné à un paysan ; des cadres de la présidence impliqués !

Tout commence  début mars 2012 à Warou Kondéro, un  village situé à une trentaine de Kilomètres au sud de la sous-préfecture de Banankoro. Ce soir là,  tout le village est en éblouission: Madame Nassouma Condé et son fils Kaba Condé, un peu plus de treize ans – tous cultivateurs- ont trouvé un diamant ; mais personne n’a une idée du poids.  Les rumeurs font état de plusieurs centaines de carats.

A leur retour du travail,  la femme remet la pierre précieuse  à son époux Moussa Condé, malvoyant et un peu idiot. Lequel rencontre une heure après le Président du District, El hadj Aly Condé, qui  est son  oncle, pour lui présenter la richesse que Dieu vient de leur offrir.  Celui-ci garde la pierre  et lui demande de  revenir après pour discuter du prix. Entre-temps, El hadj  Aly propose à  deux petits garçons de l’aider à  convaincre leur grand frère  pour qu’il lui vende le diamant à un bas prix. Et qu’après il leur ferait des faveurs supplémentaires. Le  deal est ficelé. Les deux jeunes réussissent à tromper les  frères. Ils affirment à l’homme que la pierre fait 102 Carras, mais qu’elle est de mauvaise qualité. Aly lui propose 62 millions et ses frères de 15 à 18 ans l’obligent à accepter. Ensuite ils-  le président du District et les deux jeunes- intiment au  monsieur de dire à sa femme que  le diamant fait  35 carras et que le prix est de 30 millions. « Bête qu’il est, Moussa Condé a accepté de tromper sa propre femme et son fils qui ont découvert le diamant », affirme un officier de police qui enquête sur le dossier.

Le lendemain, le Président du District et les deux petits prennent des ‘’motos-taxi’ pour la ville de Banankoro.  El hadj Aly se présente seul au comptoir d’un certain Tounkara. Après moult discutions, ce dernier  achète la pierre à 300 millions de Francs guinéens en association avec Elhadj Balla Kaba, diamantaire résident à kissidougou.  Après la vente, Aly Condé  donne  70 millions de francs aux  deux jeunes comme prévue par leur convention au détriment de la famille propriétaire du diamant. A son retour au village il  dit  à Moussa Condé que son argent est maintenant disponible. «  Une autre preuve que Moussa est un idiot : il dit au président du district qu’il n’a aucune possibilité de garder  60 million ; qu’il n’a besoin que de deux millions pour l’instant. Il n’avait jamais eu  plus de deux cent milles en même temps », déclare un citoyen du village.

Quelques jours après,  son fils- celui qui a découvert le diamant avec sa mère- lui réclame un peu de pognon pour s’offrir un téléphone. Moussa Condé met  600 milles francs  à la disposition de son fils. Après tout, c’est lui qui a vu le diamant ! Il mérite une récompense. Avec cet argent, le   garçon  prend la direction de  Banankoro ville. A son arrivé, il  croise une nouvelle  surprenante : dans tous les cafétérias  ou autres lieux de rencontre, il se dit  partout que le diamant retrouvé à warou Kondéro- il s’agit donc de la pierre précieuse dont il est auteur de la découverte- pèse plus de 200 carats et qu’il vaut plusieurs millions de dollars. Kaba Condé n’a plus acheté son téléphone. Il retourne  au village  furieux  contre son père  qu’il accuse de complicité  de trahison.

Le diamant dans le labyrente de la mafia

Les jours passent, les nouvelles se précisent, Moussa Condé se morfond  à l’idée qu’il est victime d’une supercherie ; qu’il est responsable d’une perte de bien familial.  Il décide enfin d’aller se confesser chez son frère Sékou Condé  à Finariah, district situé à 5kilomètre de son village.  Celui-ci étant un habitué des affaires de pierres précieuses, se rend compte que les prescriptions de l’exploitation artisanale du diamant  sont violées : à savoir que personne n’a le droit d’acheter une pierre d’une telle valeur sans pour autant mener une enquête sur sa provenance en vue d’associer tous les acteurs, y compris les personnes ressources susceptibles de défendre leurs. Pour ce cas de figure, la procédure n’est pas respectée.  Le grand-frère de Moussa Condé se révolte. Il engage une poursuite  contre les diamantaires qu’il accuse de mafia auprès du bureau  ONADOG, organisme qui régularise la gestion des affaires de diamant.

A ce niveau, le sous-préfet intérimaire,  le capitaine Cisse  précisé qu’après le traitement  du dossier,  il  sera établi que la pierre doit être retournée au propriétaire  à défaut de reprendre la vente. C’est en ce moment qu’il est constaté que le diamant est arrivé à Kissidougou au comptoir d’El hadj Balla Kaba, l’associé de l’acheteur. Et que le patron  de  Tounkara- celui qui reçu la pierre à Banankoro- est  déjà dans cette préfecture pour racheter la pierre. Ce patron s’appelle Alpha Barry du comptoir ‘’ ALPHA CREDIT’’.  La suite  de l’enquête révèle que ce dernier  en association avec Moussa Yamil, un collecteur de diamant résidant à Conakry, a racheté la pierre à 800 millions de francs.

Pendant que la bataille se poursuit à Banankoro, le grand-frère de Moussa Condé  reçoit un coup de téléphone de Moussa yamil,  précisant qu’il est en possession du diamant et demandant aux propriétaires de venir discuter avec lui à Conakry.  Ceux-ci  arrivent ; les négociations commencent. Pour un départ, Moussa yamil débourse 80 millions pour, selon leur convention,  faire retourner le monde qui accompagnait la famille qui a retrouvé le diamant et entamer la vrai discussion par la suite.  Mais lorsqu’il  a été question de signer un document à cet effet, les propriétaires du diamant tous analphabètes se rendent compte de la tromperie   qui les vise. En réalité, selon Sékou Condé, le beau-frère de la femme qui a eu le diamant, ce document atteste la conclusion de la vente de la pierre à ces  😯 millions de francs.

Dans la foulée, Madame Nassouma Condé – celle qui a retrouvé la pierre- et ses parents  demandent à voir le diamant, l’évaluer en terme de poids, avant de discuter du prix. « Après tout nous avons le droit de savoir à quoi le diamant ressemble et combien de carats il pèse. Notre femme n’a aucune idée de la valeur du diamant ; encore moins son fils.  Ce sont eux qui ont trouvé la pierre et nous avons le droit de la voire », réclame le grand-frère de Moussa Condé. Coincé, yamil leur montre le diamant. Mais il refuse de donner une idée du poids.

L’impliquation de la présidence dans le complot !

Après des mois de tergiversation, la famille Condé se plaint au haut commandement de la gendarmerie Nationale. Le Général Ibrahima Baldé envoi une mission à Banankoro pour interpeller toutes les personnes liées au dossier. Tout le monde est entendu sur procès verbal. Les faits sont reconnus. La gendarmerie conclue à la rétrocession de la pierre aux propriétaires. Le président du district de Warou Kondéro est détenu ; le collecteur Moussa Yamil est maintenu au garde-à-vue.  Ils s’engagent à envoyer la pierre à condition que les plaignants restituent le montant qu’ils ont perçu  qui s’élève à 96 millions de francs. Ce montant est déposé ; un reçu délivré par le service du général Baldé en fait foi.

Alors que la gendarmerie attend le diamant pour la restitution, l’avocat de Moussa Yamil rencontre le ministre des mines sortant, Mohamed Lamine Fofana. Des sources bien informées indiquent que l’union MANDEN est mise à contribution. Toujours est-il que le général Baldé a reçu un courrier du département des mines, l’invitant à transférer le dossier à la brigade de l’anti-fraude des pierres précieuses ; un service relevant du ministère des mines. Le général Baldé oppose une résistance ; mais au finish, il cède. Au cours des investigations, il est démontré que l’officier est bousculé par une injonction de la présidence. Dr Mohamed Diané est indexé.

Déboussolés et ne faisant pas confiance aux services des mines, les propriétaires du diamant  saisissent celui de la lutte contre la fraude et le grand banditisme. L’équipe du colonel Tiégboro interpelle à nouveau le diamantaire accusé. Le commissaire Kaba qui dirige l’opération déclare avoir été révolté lorsque Moussa Yamil lui a dit  qu’il a  participé au financement de la campagne du Pr Alpha Condé. «  Il m’a démontré qu’il est au dessus de la loi. J’ai voulu le malmener, mais mon chef est intervenu », laisse entendre l’officier de police.

Il y’a eu des interventions externes pour l’épargner de la prison. Dans son audition à ce niveau aussi, Moussa Yamil reconnait les faits. Mais il ajoute que le diamant n’est plus à Conakry et qu’il n’est plus disposé à une négociation. Les enquêteurs du colonel Tiégboro dévoilent que le diamant en question fait 295 carras. Un spécialiste l’évalue à plus de 5 millions de dollars. Les propriétaires s’arrachent les cheveux !

Au ministère des mines, tout le monde se méfie du dossier. Une source anonyme parle de la distribution  dans les services concernés de 5OO millions de francs par Moussa Yamil, le diamantaire accusé. Nous avons rencontré ce dernier. Il affirme n’avoir rien à dire . Le directeur de la brigade anti-fraude des matières précieuses , Touré Aboulaye dit que l’accusé a payé les droits de l’Etat et qu’en principe les propriétaires de ce diamant n’ont aucun document leur permettant d’exploiter. Il ajoute avoir tout de meme les appeler pour discuter, sans suite. Depuis plus d’un an, la famille Condé se bat auprès des autorités compétentes, mais en vain. Tous les courrier adrèssés au président de la République n’ont donné aucun resultat. Domage !

Gill Mory pour Aminata.com

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