"S'il y'a lieu, on reprendra la rue", estime Cellou Dalein Diallo, président de l'UFDG

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En séjour de travail à Paris, le président de l’ UFDG a accordé une interview exclusive à www.nouvelledeguinee.com. Cellou Dalein Diallo s’est prêté à nos questions avec sérénité. Il a fait le point sur les raisons de sa visite à Paris, le sort des  victimes  » politiques » de l’administration Condé, le retard dans l’organisation des élections municipales et communautaires et pleins d’autres sujets qui font la une de la presse à Conakry.

Nouvelledeguinne.com et Aminata.com: quel est l’objectif de votre visite en France ?

Cellou Dalein Diallo :  je suis venu rencontrer la fédération guinéenne de l’ UFDG en France. Mais aussi pour prendre contact avec les autorités françaises. Comme vous le savez, la France s’est beaucoup impliquée pour l’ouverture du dialogue et pour la conclusion de l’accord du 03 juillet. Accord qui n’est pas complètement mis en oeuvre.
On ne sent pas une volonté politique réelle de mettre en oeuvre un certain nombre de dispositions. Donc, il fallait attirer leur attention sur ça. Je vais leur demander, naturellement, de s’impliquer, dans la mesure où cet accord est paraphé par l’ambassade de France, celui des USA et le délégué de l’ Union Européenne, le représentant spécial du secrétaire général des Nations Unies.

Je rappelle qu’il y’a quatre dispositions essentielles qui ne sont pas encore mises en oeuvre.

La première disposition, c’est celle qui engageait le gouvernement à diligenter des enquêtes sérieuses pour identifier les auteurs et commanditaires des crimes commis à l’occasion de nos manifestations pacifiques. Vous savez que l’opposition avait perdu  56 jeunes, qui ont été tués à bout portant par les forces de l’ordre.
Aucune enquête n’a été menée, aucun agent des forces de l’ordre n’a été interpellé, moins encore, déféré.

Il n’ y’a même pas eu une sanction administrative à l’ encontre des responsables de ces crimes. Au cours du dialogue, l’opposition avait exigé que des enquêtes soient menées et que les auteurs ou commanditaires soient déférés devant le tribunal.

La deuxième disposition, c’est celle qui  engage le gouvernement à indemniser les victimes de ces violences, ceux qui ont perdu des proches, et ceux dont les boutiques ont été incendiées, vandalisées par les forces de l’ordre avec l’appui de la milice du RPG.

Troisième point : les partis qui ont pris part au dialogue se sont engagés à organiser les élections communales avant le 31 mars 2014. A ce jour, aucune disposition n’a été prise. Et, personne n’en parle. On ne justifie pas le fait que ces élections n’aient pas été organisées. On ne voit rien venir par rapport à ces élections. Or, elles sont importantes pour le pays dans la mesure où le mandat des élus locaux est largement dépassé. En plus, Alpha Condé, dès qu’il s’est installé au pouvoir,  avait révoqué tous les conseillés communaux pour mettre en lieu et place des délégations spéciales composées  exclusivement de responsables du RPG.

Si bien, qu’aujourd’hui, il contrôle tous les élus locaux. On a vu, ces derniers ont joué un rôle majeur dans l’organisation des fraudes lors des législatives.

Le quatrième point qui n’est pas encore mis en oeuvre, c’est le recrutement d’un nouvel opérateur pour la révision de la liste électorale qui doit précéder l’élection présidentielle de 2015. On n’a pas beaucoup de temps. On ne voit aucune initiative allant dans le sens de l’exécution de ses engagements.
Croyez-vous que la présidentielle pourra-t-elle se tenir en 2015, comme prévu ?
Il faut qu’elle se tienne en 2015. Si, après le 15 décembre 2015, l’élection ne se tient pas, la Guinée n’aurait plus de président de la république. En ce moment, il faudrait constater la vacance du pouvoir et prendre les dispositions qui s’imposent. Alpha Condé est élu pour cinq ans. Il a été investi,  je crois le 15 décembre, et son mandat doit finir le 15 décembre. Je crois que c’est dans son intérêt et dans l’intérêt du peuple de Guinée de veiller à ce que la présidentielle soit organisée en 2015.

Vous avez accepté de siéger dans une assemblée issue d’une élections controversée et frauduleuse alors que des gens ont été tués dans le combat pour qu’il y’ait des législatives justes. N’avez-vous pas le sentiment d’avoir trahi ces victimes ?

Il n’ y a pas eu de morts à l’occasion des élections. Nous avons pris…

Des gens sont morts pour qu’il y ‘ait une élection propre et transparente.
Nous avons décidé d’aller au dialogue. Nous nous sommes engagés à participer aux élections. Nous avons pu négocier, que par rapport aux morts, que des enquêtes soient menées, que les coupables soient déférés. Mais, que les familles des victimes soient indemnisées. Et nous avons décidé, au niveau du parti, de participer aux élections. C’est vrai que les législatives ont été entachées d’irrégularités qu’on a dénoncées.
On avait pensé que la Cour Suprême allait statuer la-dessus. Elle s’est déclarée incompétente. On était déçu, indigné face à ce refus de la Cour Suprême d’assumer ses compétences constitutionnelles. A l’issue de la consultation de notre base, sur la question de savoir s’il fallait siéger ou pas, l’ensemble des militants, des responsables ont souhaité que l’ UFDG, avec 37 députés, siège pour les raisons suivantes :

Premièrement, ces 37 sièges ont été obtenus à l’issue d’un combat titanesque. Tout était fait pour empêcher les militants de l’ UFDG de voter. Beaucoup n’ont pas pu recevoir leurs cartes d’électeurs.  Beaucoup ont été affectés à des bureaux de vote situés jusqu’à 50 kilomètres de leur résidence.  Malgré tout, ils se sont battus. Ils ont marché des kilomètres et des kilomètres.


Ils ont respecté la consigne de la direction du parti. Ils ont voté. Et, ils ne se sont pas arrêtés là. Ils on surveillé parce que les préfets, les démembrements de la CENI, les ministres ressortissants étaient là pour détourner leur suffrage.  Ils se sont battus. Donc, il n’était pas juste, à l’égard de ses militants, de jeter ça à la poubelle.
On a décidé, donc, de siéger pour porter le combat au sein de l’ Hémicycle. Mais, ça ne signifie pas qu’on va se limiter, exclusivement, à  l’ Hémicycle. Je le dis et je le répète : s’il y ‘a lieu, on reprendra la rue. Tout ce que le droit nous reconnait comme possibilité dans la lutte pour le respect des principes et règles démocratiques, pour le respect des règles de l’ Etat de droit, pour  la protection des droits humains, naturellement, l’UFDG mènera le combat, aussi bien, à l’ Hémicycle et si nécessaire au niveau de la rue.

Nous avons décidé de siéger parce que nous privilégions  le dialogue et le débat au niveau de l’ Hémicycle. Mais, si on n’ obtient pas de résultats, nous n’hésiterons pas à user aussi des autres droits que la constitution a reconnus aux partis politiques et aux associations pour protester, pour exprimer notre désaccord avec la mauvaise gouvernance, avec la violation de la loi, avec  les dérives autoritaires du pouvoir de Alpha Condé.

Que pensez-vous de la décision de Lansana Kouyaté de bouder l’assemblée nationale ?

Je le comprends. Monsieur Kouyaté a été victime d’une fraude particulière, parce que l’objectif de Alpha Condé, c’est de montrer, qu’en Haute Guinée, il n’ y a que lui. Il n ‘ y a pas un autre. Si bien que tous les suffrages exprimés en faveur des autres candidats ont été, soit annulés, soit crédités au RPG. Vous avez vu les résultats : un taux de participation à la soviétique.

A Mandiana, par exemple, 97 % de taux de participation. C’est du jamais vu. 97 % de suffrages en faveur de Alpha Condé. Pratiquement zéro bulletin nul. Ils ont procédé au bourrage des urnes. Ils ont falsifié les PV ( Procès verbaux Ndlr) pour qu’on dise  que, dans cette région, c’est l’unanimité autour de Alpha Condé. Parce qu’il ne voulait pas qu’un autre candidat émerge dans ce qu’il considère comme étant son fief.

Je comprends monsieur Lansana Kouyaté, mais, j’avais souhaité qu’il siège en tant qu’allié. Au sein de l’opposition, nous avions essayé de fléchir sa position afin que ses deux députés viennent se joindre à nous pour, effectivement, donner plus d’efficacité au combat que nous avons décidé de mener  au sein de l’ Hémicycle. Kouyaté a été frustré. Il n’a pas été cru devoir revenir sur sa décision. C’est son droit. Je le respecte.

Jean Marie Doré vous accuse d’avoir trahi vos collègues de l’opposition parlementaire en soutenant Waymark .  Votre version des faits ?
ça n’a pas de sens. Lorsque les partenaires techniques et financiers ont proposé à l’opposition d’accepter d’aller avec Waymark, sous réserve qu’ils s’engagent à sécuriser le fichier électoral, en mettant en place, une assistante technique forte, capable de neutraliser complètement Waymark au cas où il était dans ses intentions de tripatouiller le fichier, nous nous sommes retrouvés au niveau de l’opposition, nous avons examiné le problème.

Croyez moi, c’est une décision de toute l’opposition républicaine d’accepter ce paquet de solutions tel que présenté par les partenaires techniques et financiers. J’étais, peut-être, le dernier, à accepter puisque, j’étais, peut-être, le moins placé pour accepter cette solution. Mais, dès lors qu’il fallait, soit continuer le combat, soit boycotter les élections, après avoir consulté le parti,  nous avons adhéré à cette position. Et c’est une décision de toute l’opposition.
Lansana Kouyaté était là, Sidya, Aboubakar Sylla, Telliano. Il y a eu un débat. C’est à l’issue d’un long débat que l’ UFDG a décidé d’y aller. Ce n’est pas, dans ma nature, de me lever comme ça, en pleine réunion, pour dire que l’ UFDG accepte. J’ai toujours essayé de préserver l’unité de l’opposition. Cette unité est préservée lorsque  vous  ne décidez pas de façon solitaire;  vous consulter vos collègues, vos alliés.

L’acceptation de Waymark a été une décision de toute l’opposition, compte tenu de l’engagement des partenaires à accompagner le processus, à envoyer des missions d’observation, mettre en place une assistance technique forte, veiller, justement, à l’équité des élections.
Je n’ai pas voulu répondre à monsieur Jean Marie Doré.

Récemment, vous avez dit, à Dubréka, que les commanditaires de l’attaque rebelle contre la Guinée dans les années 2000 sont là. Qui sont ils ?

Ce n’est pas à moi de le dire. Je pense que les guinéens savent, y’a beaucoup qui savent. Je n’ai pas nommé de personnes…

Nos lecteurs ne savent pas. Ils veulent en savoir plus.

ça viendra.

Il y’a quelques semaines, vous avez rencontré Diallo Sadakaadji à Dakar. Qu’est ce que vous vous êtes dit ?

On a eu un entretien entre ami. On s’est rencontré en privée. On a échangé sur l’actualité, sur nos relations. Pour l’instant, c’est tout ce que je peux dire.
Une dernière question : qui a organisé cette rencontre ?

Beaucoup ont dit que c’est Tibou ( l’ancien ministre d’état secrétaire général à la présidence Ndlr).  Tibou continue de me parler et de lui parler. Lorsque monsieur Sadakaadji est venu, Tibou était dans mon salon. Tibou est un ami commun.

www.nouvelledeguinee.com, partenaire de Aminata.com



1 COMMENTAIRE

  1. Mr le ministre de la rue je vous salue et tous les morts aussi car grace a toi aujoudhui plein de gens se trouve aux cimetieres wawwwwwwwww stp stp une foi stp aie la foi un peu tout ne se regle pas dans la rue on sait ke parmi les fonctionnaire de ce gouvernement tout nest pas fiable mais au moi il fo reconnaitre aussi les bon travails faits ,et sache que le cout de queux se paye par cout de queux ton tour viendra pense a sa

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