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à Conakry, Guineé
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Opinions du Moment

Ces amalgames, généralisations et simplifications qui nous tuent. (1ère partie)

Bien qu’ayant suivis quelques cours de politique à la fac ou participé à plusieurs débats ou alors travaillé avec quelques politiciens pour une stratégie de communication, j’étais toujours resté en marge de la politique; raison pour laquelle bon nombre de mes amis sont surpris de ma participation dans le débat politique. J’irai plus loin car je compte dans le future, militer dans un parti. J’aimerai dans cet article expliquer des raisons de nos incompréhension dans les débats.

 

Les conditions de la Communauté forestière !!

Mise à jour le Jeudi, 09 Septembre 2010 14:43

 Ce que nos leaders politiques et la communauté forestière devraient demander á l´UFDG pour leur alliance.

Nous communauté de la Guinée Forestière,


Après une profonde lecture de notre histoire et une analyse de nos relations de voisinage, nous sommes arrivé á la conclusion suivante :


Nos deux communautés et régions n´ont pas d´antécédents en matière de conflits, ni de tension interethnique, depuis l´existence de nos peuples jusqu´ á la Guinée indépendante,


Notre cohabitation a toujours été pacifique et surtout basée sur le respect de nos valeurs socioculturelles, durant la première et la deuxième république.


Il est sage de signaler un fait qui nous a beaucoup marqué, c´est votre sagesse et soutien moral envers notre communauté durant les sanglants événements du 10 juin 1990 á N´Zérékoré.


Cependant, il faut reconnaître que vos agissements contre le régime du CNDD dirigé par notre frère et fils, le Capitaine Président Moussa Dadis Camara, nous ont trop surpris et par conséquent, ce fait a changé la nature de nos traditionnelles relations de bon voisinage,


Sur ce dernier point, nous savons que cette haine est liée á la lutte pour le pouvoir et non un mépris contre notre communauté. C´est á dire ce comportement n´est pas lié á votre mentalité de façon historique. Car vous reconnaissez nos valeurs et mérites. C´est du moins, la relecture des récits de nos bonnes relations de cohabitation qui nous permettent de tirer cette conclusion.

Il nous revient, aujourd´hui de faire un choix entre deux fils de notre Etat-nation qui aspirent á la Présidence de la République de Guinée.


Parmi nos deux candidats qui prétendent avoir la direction de notre pays pour les cinq prochaines années, figure votre progéniture, El hadj Mamadou Cellou Dalein Diallo.


Malgré les préjugés, la peur des autres guinéens d´assister á une foulanisation de notre administration, ainsi que la nature de notre histoire la plus récente, nous voyons en la personne de monsieur Cellou Dalein Diallo, les semences qui feront
fleurir notre chère Guinée. Cette réalité se traduit dans son projet de société.

Tenant compte de tous ces faits déjà mentionnés,


Après une profonde analyse de la personnalité et l´expérience des deux candidats, notre communauté a décidé d´accompagner le candidat El Hadj Cellou Dalein Diallo pour son élection comme Président de la République de Guinée, le 19 septembre prochain.

Pour cette entente, nous vous demandons seulement deux choses :

· Nous ne voulons pas avoir honte durant votre règne,
· Nous ne voulons pas être écartés durant votre règne.


Avec cette sagesse, notre engagement politique se baserait plus sur des bases morales selon la sociologie africaine que sur des thermes juridiques de partage de pouvoir, politiquement stériles.


Je suis sûr que le Président Cellou Dalein Diallo, en bon croyant, analyserait avec beaucoup d´intérêt nos bonnes intentions et surtout, il serait très ému par notre capacité de tolérance, fruit de la culture et l´éducation forestière.
Tenez vous bien, ce Monsieur serait même incapable de laisser tous les pheuls du monde entier d´élire résidence en Guinée, y compris ceux d´Arabie Saoudite et de la Chine.


N´oublions pas que la CEDEAO a dans son actif un protocole relatif au droit de résidence et d´établissement, qui permet á tous les citoyens des quinze pays de l´Afrique de l´Ouest de bénéficier de ces droits dans nos Etats respectifs. Si ce document n´a pas permit aux pheuls des autres pays de l´Afrique Occidentale d´envahir la Guinée, donc, ne faisons pas de l´intoxication une stratégie de campagne.

Samoe, King Théa Junior.

 

La paix de Monseigneur TEA

Mise à jour le Samedi, 04 Septembre 2010 13:50

 A lire les attaques, les invectives et les procès d’intention sur les sites guinéens, j’ai eu l’idée de rediffuser le texte de Mgr TEA intitulé la paix.  J’aimerai d’abord vous presenter l’homme, vous dire les circonstances de son texte et enfin ma petite analyse.
 

L’Alliance avec DALEIN : le choix de l’alternative démocratique crédible et durable

Le parfum de la tourmente flotte actuellement sur Conakry et l’arrière-pays alors que le premier tour de l’élection présidentielle du 27 juin 2010 s’était bien passé, que le chronogramme de la transition relancée par l’accord de Ouagadougou du 15 janvier 2010 avait été respecté, et que le peuple guinéen avait fait preuve, encore une fois de plus, de maturité, de sagesse et d’esprit civique.

Ce peuple a toujours été spolié de ses conquêtes, de ses victoires par ses gouvernants successifs, cinq fois notamment dans son histoire après chaque alternance ou changement de régime par :

- Ahmed Sékou Touré (1922-1984) et le PDG alors qu’il y avait eu 95 % de suffrages exprimés le 28 septembre 1958 pour l’accès à l’indépendance.

- Lansana Conté (1934-2008) et le CMRN en avril 1984.

- Lansana Kouyaté, Premier ministre de consensus mou, de compromission en mars 2007 après les révoltes populaires réprimées en juin 2006, janvier-février 2007.

- Moussa Camara, avec le CNDD version Dadis en décembre 2008.

- Jean Marie Doré, adoubé par le Forum des Forces vives en février 2010, qui veut saboter le printemps électoral du peuple guinéen.

« Il faut prendre parti. La neutralité favorise l’oppresseur, jamais la victime. Le silence encourage le persécuteur, jamais le persécuté ! » disait l’américain Elie Wiesel, Prix Nobel de la paix en 1986, l'un des survivants des camps de concentration nazis.

« Le monde s'est tu lors de l'holocauste. C'est pour cette raison que je me suis juré que jamais je ne garderai le silence là où l'homme endure la souffrance et l'humiliation ».

Selon Nicolas Machiavel (1469-1527), homme politique et philosophe italien « La meilleure forteresse des tyrans est l’inertie des peuples (…) Le parti de la neutralité qu’embrassent  le plus souvent les princes irrésolus, qu’effraient les dangers présents, le plus souvent aussi les conduit à leur ruine ! ».

Donc il faut prendre la parole, il faut agir, il faut prendre parti.

Lorsque l’on a un certain cursus social, que l’on porte en bandoulière des valeurs et une éducation, on en porte la marque ad vitam aeternam, pour toujours.

Les principes priment sur les hommes et sur une carrière ; il est plus gratifiant d’être derrière des principes, arc-bouté à des valeurs inoxydables, intangibles que d’être l’inconditionnel, le porte-voix, derrière un quelconque leader.

C’est la marque de fabrique de mon engagement citoyen dans la société civile pour la Renaissance de mon pays, la patrie de mes ancêtres qui ne s’est jamais autant mal portée du fait de ses trois premiers présidents autocrates et ses gouvernants successifs, de son administration corrompue et incompétente, de ses élites et de sa classe politique défaillantes.

Mon pire ennemi est ma conscience et celle-ci m’interdit de rester inerte lorsque notre tissu social est altéré, quand notre pacte républicain est en danger.

C’est pour cela, pour des raisons objectives que j’ai décidé, en mon âme et conscience, pour le bonheur du peuple guinéen meurtri d’apporter mon soutien à El Hadj Cellou Dalein Diallo, candidat de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) et qui est soutenu par l’alliance UFDG-UFR-NGR-PUP-GECI.

 

Cinq raisons majeures ont motivé mon choix  :

 

1) La volonté, la tentative malsaine de modifier unilatéralement les règles préétablies du jeu électoral, le non-respect de l’Etat de droit, de la constitution, du code électoral, de l’esprit et la lettre de l’accord de Ouagadougou du 15 janvier 2010 par les partisans de l’arc-en-fiel (ils ont assombri le ciel) qui ont  sombré systématiquement depuis le 28 juillet dernier dans l’acrimonie, les menaces.

2) Le rejet du sectarisme, de la stigmatisation, de la « Foulaphobie » ou « Peulhphobie » qui altèrent la cohésion nationale. Doit-on tolérer que les Peulhs soient ostracisés  politiquement, accepter que l’opprobre soit jeté sur une composante de notre nation ?

3) Mettre fin au triptyque : mauvaise gouvernance (avec son corollaire qu’est la corruption), violence politique et impunité. L’impunité, le devoir de mémoire et la justice doivent-ils être sacrifiés sur l’autel de la quête effrénée du pouvoir à tout prix ?

Notre passé est-il un détail de l’histoire ?

4) Le parcours, la performance et la personnalité de Cellou Dalein Diallo.

5) Faire valider par le peuple guinéen le 19 septembre prochain, dans la sérénité, la sécurité, l’esprit de responsabilité (comme au premier tour) l’accord politique crédible et fiable, le partenariat équilibré de l’Alliance qui est une valeur ajoutée politique pour la renaissance de notre pays, le gage d’une alternative démocratique crédible et durable. C’est une coalition modérée et rassurante.

 

1) La tentative malsaine de modifier unilatéralement les règles
préétablies du jeu électoral

 

« Il vaut mieux perdre une élection que perdre son âme ! » disait naguère Michel Noir, un homme politique français et maire de Lyon de 1989 à 1995, qui avait refusé tout accord électoral avec le Front National, un parti xénophobe, d’extrême droite.

« Pour gagner des voix, on ne doit pas mettre en cause l'essentiel », clamait de son coté François Bayrou, le président du Mouvement démocrate (MoDem) en jugeant « malsaine » la politique du gouvernement d'expulsion des Roms, dans une interview au journal « Le Parisien » du 25 août 2010.

L’écrivain, le philosophe et journaliste engagé français Albert Camus (1913-1960) estimait que « la fin ne justifie pas tous les moyens ».

Il n’est pas inutile de rappeler ces axiomes, ces adages au moment où existe une atmosphère délétère et dangereuse en Guinée pour l’élection majeure : celle du futur Président de la République qui est le maître absolu du jeu politique, la clé de voûte de nos institutions validée à nouveau par la nouvelle constitution du 7 mai 2010.

Cette Loi fondamentale n’était cependant pas prévue dans les douze points de l’accord de Ouagadougou.

Ce climat malsain est dû, en grande partie, à l’attitude des adversaires de l’Alliance qui font preuve de nervosité, de fébrilité, de menaces, de manœuvres dilatoires avec l’appoint, le concours de Jean Marie Doré (JMD), chef du gouvernement de la Transition qui est un personnage controversé, au passé trouble (soupçonné d’être un ex-agent double sous la 1ère République), qui traîne plus que des casseroles, mais toute une quincaillerie.

Pour preuve, la tentative de coup d’Etat constitutionnel de ce dernier, de ce maître des basses oeuvres pour modifier la Constitution et la loi organique relative au code électoral adoptés récemment et dont les modes de révision sont strictement encadrés par la loi.

Pour l’organisation du second tour de l’élection présidentielle, il chercha en vain, au mépris des dispositions constitutionnelles et par le biais d’un projet éventé d’une ordonnance et/ou d’un décret, à accorder la prééminence, la primauté au Ministre de l’administration du territoire et des affaires politiques (MATAP), donc de facto au gouvernement, à l’Etat et ses démembrements territoriaux au détriment de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) qui, rappelons-le, fut mise en place par la loi L/2007/013/AN du 29 octobre 2007 sous l’ère de Lansana Conté et de l’ex-PM Lansana Kouyaté.

Comme partenaire technique, le MATAP a toujours été associé à la gestion du processus électoral depuis la création de la CENI qui, rappelons-le, est une structure collégiale qui prend ses décision par consensus.

Il existe déjà une commission composée des représentants de la CENI, du CNT et du MATAP. Par ailleurs, des voies de recours sont prévues pour rétablir dans ses droits tout candidat indûment privé des suffrages exprimés en sa faveur.

 « C’est à la CENI de déterminer la nature et l’importance de l’aide à lui apporter; cette aide ne doit nullement être une imposition » a rétorqué Hadja Mame Aminata Camara, la présidente par intérim de la CENI.

A ce niveau, il est important de rappeler les dispositions du Code électoral en son article 2 et suivants : « la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) est l’Institution chargée de l’organisation de toutes les élections politiques et du référendum en République de Guinée (…) Elle est techniquement aidée par les départements ministériels concernés par le processus électoral, notamment le Ministère en charge de l’Administration du Territoire ».

La CENI a, certes, connu des ratés, des dysfonctionnements qui ne remettent cependant pas en cause la réalité du vote du 27 juin dernier.

Ne dit-on pas que toute œuvre humaine est perfectible à l’infini, que pour apprendre à marcher il fallait tomber aussi ?

On parle, par ailleurs, d’auditer le fichier électoral qui est, rappelons-le, l’épine dorsale du processus électoral.

Lors de la désignation de JM Doré au poste de Premier ministre, le général Sékouba Konaté, Président de la République par intérim, lui avait rédigé une lettre de mission en onze points pour, notamment, l’organisation rapide d’élections libres, crédibles et transparentes conformément au chronogramme fixé par l’Accord de Ouagadougou en vue de sortir le pays de son isolement et pour la levée des sanctions de la communauté internationale.

Il doit respecter scrupuleusement cette feuille de route, ses prérogatives.

La Guinée reste un non-Etat engoncé dans du non-droit où tout est possible et imaginable ; décidément, cette réputation n’est donc pas usurpée !

Et pour cause, pour rappel, la nouvelle constitution guinéenne a été adoptée par décret du 7 mai 2010 par le Président intérimaire : Décret D / 068 / PRG / CNDD / SGPR / 2010 promulguant la constitution adoptée par le Conseil national de la transition (CNT) le 19 avril 2010.

Les principes de la hiérarchie des normes, de l’état de droit, du respect des lois et des procédures sont foulés aux pieds allégrement et sans vergogne par JMD qui n’est nullement un citoyen au dessus des lois.

Ce dernier et ses partisans posent des conditions préalables surréalistes au regard de notre droit avant d’aller au second tour ; ils exigent, notamment, une refonte de la CENI et l’exclusion des chefs de quartiers dans la gestion du scrutin en dépit des dispositions de l’article 16 du code électoral.

Cette forfaiture de JMD qui outrepasse ses prérogatives, cette faute grave pénalement sanctionable, fut soutenue, justifiée publiquement par « son candidat putatif » et ses partisans (cf. Saran Daraba Kaba sur RTG ; Lansana Kouyaté PEDN lors d’un entretien à l'AFP à Abidjan et Dr Ousmane Kaba à la télé Africa 24).

Comme par hasard, le MATAP totalement inféodé au pouvoir exécutif et les agents déconcentrés de l’Etat sont exempts de tout grief, de tout reproche dans leur gestion du premier tour.

Preuve d’un manque de sérénité et de confiance aux institutions , aux normes, au corpus de la République.

JMD fut désavoué par le CNT qui fait office de parlement, la société civile et des organismes de défense des droits de l’homme.

L’OGDH du Dr Thierno Maadjou Sow s’est, en effet, inquiété des tentatives de tripatouillages de la nouvelle Constitution et du Code électoral.

Donc, les probabilités de voir le tissu social, la cohésion nationale se désagréger sont actuellement en hausse du fait de l’attitude agressive, belliqueuse des partisans de « l’arc-en-fiel » qui est un attelage hétéroclite, une nébuleuse de partis d’appoint.

 

2) Le rejet du sectarisme, de la Foulaphobie ou Peulhphobie

 

Un Peulh serait-il un danger ou indigne de la fonction présidentielle ?

L’indignité serait-elle génétique ?

Non ! Je ne le pense pas et j’estime que tant qu’un Guinéen ou une Guinéenne, de quelque origine qu’il (ou elle) soit, dispose de ses droits civiques et politiques, remplit les critères d’éligibilité requis, il (ou elle) peut briquer les suffrages et la confiance de ses concitoyens pour la magistrature suprême.

Il existe, chez certains de nos compatriotes le fantasme du « péril Peulh » ; en réalité, la haine et la crainte des Peulhs sous-tendent, sont le fondement réel, le substratum des adversaires de Dallein.

Les Peulhs constituent une partie essentielle, au même titre que les autres, de la communauté nationale. Ils ont les mêmes droits et devoirs que les autres citoyens.

On a parlé d’un fallacieux front républicain ; est-ce que la République est en danger ? Dallein et les Peulhs constituent-ils une menace pour la République ?

Pourquoi la CENI a-t-elle donc validé sa candidature ?

Comment se fait-il que la Cour Suprême l’ait qualifié pour le second tour en lui octroyant la première place à l’issue du premier tour ?

Parler de « mafia » c’est en réalité insulter toute une communauté.

Cette démarche est improductive électoralement du fait de la maturité des Guinéens. Cette dérive est dangereuse et, sous d’autres cieux, a favorisé le rejet et le fascisme.

Pour certains esprits ombrageux et sectaires, les Peuhls sont devenus les boucs émissaires, les responsables de toutes les tares congénitales de la société guinéenne. La question ethnique n’est qu’un alibi pour eux.

Je ne suis pas surpris que l’élection du 27 juin se soit faite sous le prisme de l’ethnocentrisme et du régionalisme. Les causes structurelles de la persistance du fait identitaire, du repli ethnique sont profondes, multiples et ne datent pas d’aujourd’hui.

La Guinée est devenu un cocktail explosif, un baril de poudre et l’ethnocen-trisme en est la mèche.

L’ethnocentrisme est une dérive mortifère, une imposture électoraliste, le fonds de commerce des opportunistes et des médiocres atteints de cécité morale et intellectuelle dont l’unique but est d’assurer à leurs auteurs une promotion sociale, professionnelle et /ou politique au détriment le plus souvent de ceux qu’ils prétendent défendre.

La question fondamentale est celle-ci : quel est le citoyen guinéen qui est sûr de sa « pureté » ethnique, qui est convaincu qu’à l’issue d’enquêtes, d’investigations généalogiques il se découvrirait à 100 % Peulh, Soussou, Malinké ou « Forestier » ?

Notre pays, fort heureusement, s’est toujours enrichi à travers les flux migratoires, les brassages humains qui forment le socle de sa richesse culturelle, de notre identité ; il s’est toujours refusé à la guerre ethnique car les ethnies y sont relatives et le sang y est mêlé.

« Le plus beau métier du monde est de rassembler les Hommes » soulignait naguère Antoine de Saint-Exupéry (1900-1944) ; cet adage doit habiter tout postulant à la magistrature suprême qui doit demeurer le garant de l’unité nationale en toutes circonstances lorsqu’il sera élu.

 

3) Pour un devoir de mémoire et la justice et le rejet de l’impunité

 

Il n’est pas inutile de rappeler qu’en Guinée, la violence politique de l’Etat est un fléau qui perdure dans notre pays. Pour trois raisons majeurs :

a) D’abord, le massacre et les viols du 28 septembre 2009 au stade du même nom sont la conséquence logique de l’accommodement à la culture de l’impunité, de l’injustice, à la violence, aux nombreux et répétitifs manquements aux droits de l’Homme depuis les années 50. Le sinistre camp de détention dénommé Boiro fut le lieu, l’illustration parfaite de la violence politique, en somme de l’avilissement de la personne humaine.

b) Ensuite, l’absence de rupture avec le passé, « d’aggiornamento ».

c) Enfin, l’absence de « clarification » dans le jeu politique guinéen. Nous passons d'un régime à un autre sans faire le bilan de ce qui nous est arrivé, sans solder les comptes, en somme sans apurer notre passé, les pages sombres, d’expériences désastreuses de l’histoire de notre pays.

Le devoir de mémoire et la justice ne doivent pas être sacrifiés sur l’autel de la quête effrénée du pouvoir à tout prix car « notre passé n’est pas un détail de l’histoire ».

La visite des cimetières où reposent les anciens Présidents et à Moussa Dadis Camara au Burkina Fasso ne sauraient absoudre ces autocrates de leurs forfaits, de leurs turpitudes à l’encontre du peuple guinéen qu’ils ont déçu et martyrisé.

Hier, après l’avoir jeté aux gémonies, envoyé en enfer, subitement Ahmed Sékou Touré est qualifié de « patriote » dont il est question de parachever son œuvre, « finir son travail là où il l’avait laissé » (sic).

Donc la Guinée n’est plus l’Albanie de l’Afrique, cette prison à ciel ouvert.

« Si l’on enlève à quelqu’un la liberté, que lui reste-t-il ? », s’interrogeait mon ami Ousmane Galan Baldet.

Nous devons nous ériger contre l’impunité, le déni de l’histoire et ceux qui veulent jeter un drap d’oubli sur notre passé pour accéder au pouvoir à tout prix quitte à renier leurs engagements, leurs nobles combats d’hier.

Cette tentative d’absolution est à contre-courant :

- D’une part, de la législation pénale internationale contre les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité et les génocides depuis les 4 conventions de Genève du 12 août 1949 ; les Protocoles additionnels de 1977 ; la Convention de New York du 10 décembre 1984 contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants ; le Statut de Rome du 17 juillet 1998 instituant la Cour pénale internationale (CPI), entre autres.

- D’autre part, de la mise en place par la communauté internationale, en plus de la CPI, de tribunaux internationaux pour traquer les auteurs de crimes humains ; tels les 4 TPI pour l'ex-Yougoslavie le 25 mai 1993 ; le Rwanda le 8 novembre 1994 ; la Sierra Leone le 16 janvier 2002 et pour le Liban après l’assassinat de Rafiq Hariri (1944-2005) le 14 février 2005.

 « Le bourreau tue deux fois : d’abord par la mort, ensuite par l’oubli ! » ; il mise toujours sur l’oubli et l’impunité pour ne pas répondre de ses actes devant la justice.

Avant de tourner une page, il faudrait la lire ; chose que se sont empressés de faire, partout dans le monde entier, des peuples meurtris par leurs gouvernants-bourreaux à l’instar du Cambodge avec les Khmers rouges de « Douch », de son vrai nom Kaing Guek Eav.

J’estime « qu’il n’y a que celui qui porte une plaie qui peut dire si elle est toujours douloureuse ou si elle est guérie ».

On veut nous « blaguer » comme dirait le chanteur ivoirien Tiken Jah Fakoli, préparer les esprits à un pardon du peuple notamment à Moussa Dadis Camara et ses complices pour les exactions commises le 28 septembre 2009 au stade du même nom.

Serait-il le prix à payer, le « deal » pour leur éviter de rendre des comptes en contrepartie d’un soutien électoral de leurs partisans ?

Mais ils sont dans la ligne de mire de la CPI et dans le rapport nominatif et accablant de la Commission d'enquête onusienne de M.Mohamed Bedjaoui qui aura sûrement des suites judiciaires à l’encontre de la junte guinéenne et ses affidés civils.

Afin d’élucider les crimes les plus odieux jamais commis sur le sol guinéen en 2009 au cours desquels entre 57 et 157 militants de l'opposition ont perdu leur vie, plus 1 200 blessés, des dizaines de femmes violées et de nombreux disparus.

A l’inverse de la Guinée, l’identification, la traque, l’arrestation et le jugement d’auteurs de crimes contre l’humanité s’opèrent sans relâche au sein de la communauté internationale. Les exemples sont nombreux.

L'ancien président péruvien Alberto Fujimori a été, le 7 avril 2009, condamné à 25 ans de prison ; alors que Hissein Habré attends son procès au Sénégal.

Depuis septembre 2004, des poursuites de crimes commis ont été instruites en Afrique par la CPI (cf. Jean-Pierre Bemba, Omar El Béchir, Charles Taylor).

Le TSSS a rendu lundi 26 octobre 2009, son ultime verdict à Freetown en condamnant en appel trois ex-chefs rebelles pour « crimes de guerre » et « crimes contre l'humanité » Augustine Gbao, Morris Kallon et Issa Hassan Sesay, respectivement à 25, 40 et 52 années d'emprisonnement.

Les producteurs de violence ne doivent pas continuer de bénéficier en Guinée d’une totale impunité et tout est fait par « certains », dans le but d’être élu, pour qu’un drap d’oubli soit jeté sur leurs méfaits. Au détriment du droit à la vérité, à la justice, à la réparation et au final à la réconciliation nationale et à l’apaisement des cœurs.

 

4) Le parcours et la personnalité de Cellou Dalein Diallo

 

En droit, et dans un Etat de droit classique, « l’innocence est présumée et la culpabilité se prouve, sinon on sombre dans l’arbitraire, la calomnie et l’infamie ».

La présomption d'innocence est le principe selon lequel « toute personne qui se voit reprocher une infraction est réputée innocente tant que sa culpabilité n’a pas été légalement et définitivement établie dans un procès public et équitable ».

« Nul n'est responsable pénalement que de son propre fait », nous rappelle tout code pénal (article 121-1 en France) et toute jurisprudence.

Cellou Dalein Diallo a fait preuve d’une sérénité et d’une dignité exemplaires, de constance et de cohérence sans faille avant, pendant et après le premier tour, malgré les soupçons, les attaques et les menaces à son encontre.

Rien n’interdit à ses détracteurs d’informer, d’éclairer en ce moment crucial nos compatriotes de la réalité des actes de prédation, de malversation qui lui sont reprochés.

Car les crimes économiques ont un lourd impact sur le développement d’un Etat.

Par ailleurs, il a fait de l’UFDG, dont il a pris la direction en novembre 2007, le premier parti politique de Guinée avec près de 44 % des suffrages exprimés.

C’est un grand exploit. Et pour un coup d’essai, c’est un coup de maître.

Avec beaucoup de tact, de courtoisie, de civilité, de pondération qui caractérisent sa personnalité, il a su négocier et concrétiser un accord politique fiable, un partenariat équilibré en s’alliant avec l’UFR de Sidya Touré, la NGR de Ibrahima Abé Sylla, la GECI de Fodé Mohamed Soumah et le PUP de Moussa Solano.

 

5) L’Alliance : une valeur ajoutée politique pour la renaissance guinéenne

 

C’est un attelage séduisant qui peut faire rayonner la Guinée de mille feux ; il est composé de femmes et d’hommes compétents, de technocrates, de financiers, d’ingénieurs, d’administrateurs civils venus d’horizons divers, de partis politiques, d’organisations socio-professionnelles, de la société civile et des personnes ressources diverses.

Cette Alliance UFDG-UFR-NGR-PUP-GECI est une valeur ajoutée pour la renaissance, le renouveau de la Guinée ; en somme, c’est le choix d’une alternative démocratique crédible et durable.

Un pouvoir partagé est un pouvoir soutenu, plébiscité, mais un pouvoir monopolisé, monolithique, confisqué par un seul groupement humain est un pouvoir très clivant qui sera, à terme, contesté, voire vigoureusement combattu.

L’Alliance est un pacte républicain, un pack pour gagner, pour vaincre la fatalité de 52 ans d’échec et non un front républicain synonyme d’affrontements, de heurts, de convulsions ; ce dont la Guinée n’a plus besoin.

Il reste à faire valider par une majorité du peuple guinéen le 19 septembre prochain dans la sérénité, la sécurité, l’esprit de responsabilité (comme au premier tour) l’accord politique crédible et fiable, le partenariat équilibré de l’Alliance.

Pour parachever le printemps électoral guinéen, mon choix s’est porté sur l’Alliance avec Dalein qui est un groupement d’intérêt national ; j’invite mes compatriotes soucieux d’une ère nouvelle, prospère et pacifique pour notre pays meurtri après 52 ans d’une indépendance spoliée, à le faire pour transformer l’essai du 27 juin 2010.

 

Préserver l’essentiel : l’unité de la Guinée

 

Le sentiment des Guinéens est actuellement ambivalent : il oscille entre la crainte de troubles post-électoraux sous connotation ethnique (cf. le Kenya en 2007 dans la vallée du Rift entre les « Kikuyu » et les « Luos »), d’une part, et l’espoir de lendemains meilleurs à l’issue d’un second tour libre, transparent, équitable dont le résultat sera incontesté, d’autre part.

Certaines Forces vives ne doivent pas se muer, se transformer en « Forces nocives » ; car après le vote la Guinée doit demeurer unie, une famille unie étant une plus-value.

Sinon, comme le prédisait Abraham Lincoln (1809-1865) le 16ème Président des Etats-Unis « une maison divisée ne tient plus sur ses fondations ».

Mais nous ne devons pas sombrer dans la fatalité de l’échec, de la mauvaise gouvernance, le renoncement, encore moins désespérer de la Guinée.

Une élection reste certes un choix crucial mais pas le terreau d’une guerre fratricide.

En toutes circonstances, il faut promouvoir, préserver l’unité, la concorde, le rassemblement et non la division, le rejet, le sectarisme, la stigmatisation.

Le délai électoral, de transition de 6 mois fixé par l’accord de Ouagadougou du 15 janvier 2010 est aujourd’hui dépassé. Il ne faudrait pas qu’il s’éternise comme c’est actuellement le cas malheureusement chez nos voisins ivoiriens.

Pour éviter le statut quo avec les forces de la Restauration, un retour probable de certains militaires tapis dans l’ombre et souhaitant des désordres pour réinvestir le champ politique, pour sortir la Guinée d’une nouvelle zone de turbulence après un premier tour remarquable, tout Guinéen doit faire preuve d’un sursaut, d’un supplément d’âme patriotique.

Et ceci, quelle que soit l’équipe qu’il a choisie pour éviter le chaos, la récurrente autocratie en Guinée.

L’unité est notre bien commun le plus précieux : Peul, Sousou, Malinké et « Forêstiers », nous partageons le même destin entrelacé, le même passé, le même présent et sommes condamnés à partager le même futur.

Nous devons faire preuve de tolérance, de tempérance pour que notre pays demeure un îlot de tranquillité, de paix dans un environnement trouble, agité de notre sous-région.

Pour lui éviter les affres de la division, de la guerre fratricide, rappelons-nous de la partition de fait de la Côte d’ivoire depuis le 19 septembre 2002 et l’« Ivoirité » ; du Mali avec les Touaregs et les Islamistes au Nord ; du Sénégal avec l’irrédentisme casamançais depuis décembre 1983 ; des Etats convalescents tels le Libéria (guerre entre 1990 et 2003), la Guinée-Bissau (instabilité chronique depuis 1998) et la Sierra Leone (guerre entre mars 1991 et janvier 2002).

Notre pays a traversé des tempêtes et souhaite rentrer dans des eaux plus calmes.

Restons donc unis comme un bloc de granit pour le salut de la Guinée qui demeure notre salut, notre point d’ancrage, quel que soit le choix de notre candidat !

Que Dieu préserve la Guinée !

 

Nabbie Ibrahim « Baby » SOUMAH

Juriste et anthropologue guinéen

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Paris, le 03 septembre 2010

 

 






 

Aucun peuple ne peut vivre sans un ideal qui l'inspire ni une connaissace claire des principes qui guident son peuple

Aucun peuple ne peut vivre sans un idéal qui l'inspire ni une connaissance claire des principes qui guident son peuple. Les périodes de grande civilisation sont celles ou ces deux conditions sont réunies. Plus que tout autre, l'esprit Guinéen a besoin de comprendre, nos concitoyens veulent savoir selon quels principes, ils sont amènes et vers quel avenir ils se dirigent. Depuis des années, nous nous mettions en compagne pour la structure et le bon fonctionnement de la Guinée. Pour se comprendre mutuellement, il est bon d'oublier  un moment qui l'on est et ce que l'on sait, a fin d'être disponible et mieux en écouter son interlocuteur.              

 

Pourquoi le premier ministre Jean Marie Dore part en tournée à l’intérieur du pays ?

Mise à jour le Samedi, 28 Août 2010 17:44

A l’état actuel des choses en Guinée, il est inconcevable pour le Premier Ministre de remettre en cause les acquis démocratiques du peuple de Guinée. Apres avoir tenter de modifier la constitution sans succès en associant les gouverneurs et préfets au scrutin du deuxième tour par le biais du Ministère de l’Administration du Territoire et des Affaires Politiques (MATAP) ; le Premier Ministre Jean Marie Doré veut maintenant aller à l’intérieur du pays à partir du 28 Aout pour soit disant prendre contact avec les populations de l’intérieur et s’enquérir de l’état du réseau routier national (source :conseil des ministre du 24 Aout 2010).

 

Election en Guinée: Enjeux politiques et économiques

Mise à jour le Dimanche, 29 Août 2010 21:57

Pour assurer son rang de leader national le président qui sera démocratiquement élu à l’issue des élections du 19 septembre 2010,  doit s’appuyer sur les potentialités promotrices du pays qui sont entre autres la gestion efficace de l’exploitation d’importants gisements minéraux et  un excellent potentiel agricole.

Celles-ci sont jusqu’à nos jours sous exploitées du fait des chocs d’intérêts personnalisés autour des ressources disponibles, et le manque de politiques économique, énergétique et agricole adaptées aux conditions et réalités de la Guinée. Ces exigences nécessitent le maintien de la stabilité politique, la mise en œuvre d’une économie productive  et la consolidation des revenus déjà acquis tout en réussissant à relancer les perspectives de croissance pour pouvoir satisfaire les attentes des populations guinéennes.

Pour le faire, il faudrait joindre toutes les capacités administratives et se donner des moyens de soutenir leurs efforts. Si nous agissons ensemble maintenant pour offrir à la Guinée le succès qui lui est naturellement destiné, nous saurons concilier la croissance indispensable à des choix de développement durable pour enfin répondre aux exigences qu’a imposées la crise économique mondiale.

Ainsi la mise sur pied d’une politique rigoureuse devient indispensable pour l’évolution constante des services publics qui doivent se développer tout d’abord au rythme des besoins domestiques, puis s’adapter rapidement  aux normes des marchés internationaux. 

Les douloureux événements qu’a connus la Guinée depuis l’indépendance en 1958 jusqu’à nos jours, interpellent la conscience d’une bonne partie de ses cadres. Il revient à nous de rebâtir une nouvelle conscience morale et politique qui prendrait en compte les garanties d’une croissance soutenue, puis l’harmonie d’une société disposée à affronter nos défis communs. Aujourd’hui la Guinée se trouve au centre de changements sans précédent dans l’histoire de sa démocratie.

Nous avons en face une armée prête à céder le pouvoir et se retourner dans les casernes après les élections du 19 septembre 2010. Son chef, Général Sékouba Konaté, promet une transition réussie qui sera certainement couronnée par son défilé devant le Président élu par le peuple de Guinée.

Nous avons d’immenses richesses de sol et de sous-sol et nous avons le devoir de les développer de manière appropriée afin de transmettre les bénéfices aux prochaines générations. Toute fois, aucun résultat convenable n'a vu le jour à cause de la corruption qui a entravé les politiques publiques et détruit le capital social tout en pénalisant les pauvres qui représentent 70.1% vivant en dessous de 1,25 dollar par jour selon les statistiques de développement humain du système des Nations Unies. Ainsi se dessinent les besoins d’améliorer la transparence et d’élever le sens de responsabilité dans la gestion des ressources. Ceux-ci impliquent  la consolidation des ressources humaines, le renforcement des capacités institutionnelles,  et la mise en œuvre de mesures sollicitant la prévention et la lutte contre la corruption et l’impunité.
Le regard sur l’économie nationale dans les années récentes nous enseigne qu’en 2003, la situation économique n’a pas répondu à l’augmentation des recettes minières en réponse à la hausse des prix mondiaux et la demande accrue. Selon la Banque Mondiale, la croissance réelle du PIB a été de 4,2% en 2002 et a baissé à 1,2% en 2003. Le taux de croissance est relevé respectivement à 2,7% et 3,3% en 2004 et 2005 résultant particulièrement de l’expansion des exportations de minerais et certains investissements modérés dans les projets d’infrastructure. Cette croissance va s’abaisser au niveau de 2,2% en 2006 et 1,5% en 2007 selon le FMI.
L’augmentation de l’inflation atteint 5,0% en 2002 et 14,8% en 2003, avant de remonter encore plus fortement à 29,7% en 2005 et 39,1% en 2006. Cette variation coïncide avec l’effondrement de la reforme économique au cours d’une longue série de bouleversements politiques. Elle tombe à environ 23% à la fin de 2007 suite à la stabilisation économique et des mesures structurelles qui ont abouti au resserrement monétaire par la banque centrale, découlant des efforts du gouvernement de consensus.  Toutefois les pressions inflationnistes ont sensiblement augmenté en 2008 à cause de la forte hausse des prix du riz et du pétrole.
Ces données macroéconomiques placent la Guinée loin des objectifs qui visent entre autres à réduire le chômage , relever le défi énergétique ou le pays possède un grand potentiel hydroélectrique  estimé à 1000MW dont plus de la moitié est encore non exploitée, faire prospérer le secteur agricole qui constitue un des plus importants de l’activité économique, revaloriser le secteur minier  qui contribue annuellement au voisinage de 1/5 du PIB depuis le début de ces deux dernières décennies, donner une âme aux infrastructures routières et le transport.
Voilà quelques défis. Ils sont réels. Si la mauvaise gestion des ressources publiques, la corruption et le manque de respect des principes démocratiques avaient tué les espoirs, aujourd’hui dans cette élection, l’espoir d’y parvenir renaît. Les guinéens attendent la création d’un gouvernement capable de réunir toutes les potentialités pour y parvenir.

Vive la Guinée

Mamoudou Kouyaté, depuis New York

 

Et si El Hadj Boubacar Biro Diallo avait raison en disant à Boubacar Barry du PNR « l’administration ne sera jamais neutre… » ?

 

On se rappelle que pendant la campagne présidentielle les candidats faisant la tournée des régions passèrent obligatoirement par la région de Mamou. Mamou Étant un passage obligé pour se rendre en Haute Guinée, en Moyenne Guinée et en Guinée Forestière de par sa situation géographique.

 

Famille, appartenance ethnique et sentiment national !

Tout guinéen ayant une parcelle de fibre patriotique doit être préoccupé aujourd’hui par une menace qui risque de faire imploser la Guinée si l’on y prend garde, à savoir le fait ethnique. Il faut à tout prix éviter une « rwandisation de notre pays ». 
 

 

Quand un enfant trébuche et tombe…(Paul THEA)

Maintenant que la date du second tour est fixée et avant de vous livrer mon analyse, j’aimerai donner quelques réponses aux questions posées après mon dernier article. Certains me demandent si je veux la continuité du sytème Conté c’est à dire la gabégie financière ou si veux une économie libérale sauvage ou encore si je connais mon pays en affirmant qu’au delà de l’ethnocentrisme, les populations analphatètes peuvent adhérer à un programme politique.

 

GUINEE: Création de la Bank Internationale de Développement Et de la Construction de la Guinee (BIDCG)

Touver des moyens innovants pour financer le développement national, éviter les tracasseries interminables des bailleurs traditionnels, développer l’investissement privé et financer les grands travaux publics exigent la définition d’une stratégie de financement du développement. Depuis plusieurs décennies, le pays fait face au difficile problème du financement du développement. Après l’échec de la la plus part des grand projets, la politique gouvernementale a paralysé les actions tendant à trouver des moyens innovants pour financer le développement national. L’échec de ces dernieres annees doit servir de leçon aux nouvelles initiatives de financement du développement en Republique de Guinee. 

    

 

Les Nostalgiques du guide "Satyre"

Mise à jour le Vendredi, 13 Août 2010 13:39

Camarade Responsable Suprême de la Révolution inutile, camarade Sékou Touré, depuis que tu nous as quittés pour l’enfer, nous avons peu de nouvelles de toi. Dès l’instant qu’il s’agit de te livrer le courrier,  les facteurs entament une grève de la faim sans préavis.

 

Et si les Guinéens refusaient la démocratie et le développement ?

Depuis près de deux ans suite à la mort du président Conté, l’organisation des élections législatives et surtout présidentielles est devenue la principale préoccupation des guinéens. Nos compatriotes ne rêvent que  d’élection présidentielle, source de prestige et de bonheur dans le pays comme si elle était devenue pour eux une nouvelle croyance collective.

L’organisation d’une élection libre et transparente devrait contribuer au retour  des investisseurs privés, porteurs  d’emplois et de développement. Justement, cette croyance dans les élections  s’enracine dans l’idée selon laquelle l’instauration de la démocratie contribue au développement, dans la mesure où ceux qui sont élus démocratiquement seraient choisis en fonction de leur programme de société et de leur capacité de le réaliser. Telle est la conviction des promoteurs de la démocratie en Afrique, des Etats occidentaux partenaires du développement, l’union africaine, l’union européenne, des institutions internationales, des ONG etc..

Dans le cas guinéen, il ya lieu de se demander aujourd’hui si les élections sont organisées pour  atteindre les objectifs énumérés ci-haut.  Si nous regardons en face en toute objectivité les réalités politiques de notre Pays, que nous aimons et que nous voulons changer ou améliorer, il y a lieu de reconnaître que les Guinéens n’ont pas fait un vote rationnel en tenant compte de leur condition de travail et de vie et du développement de leur Pays. La plupart des électeurs ont voté pour un candidat qui est originaire de leur région ou qui est de même ethnie qu’eux. Ce vote affectif, donc ethnique et régionaliste, s’est traduit par la réussite électorale de Cellou Dallen Diallo, issu de l’ethnie majoritaire et d’Alpha Condé, membre de la deuxième plus grande ethnie d’un point de vue  démographique. II ne s’agit pas de se référer seulement aux résultats de ces élections pour démontrer que le vote a été ethnique. Ce qui m’a inquiété c’est de voir, à Conakry, des Guinéens parlant une même langue ou originaire d’une même région, soutenir un même candidat à la présidence, même s’ils sont très différents par rapport au niveau d’instruction, à l’âge, au sexe, au statut social. Par exemple, à chaque occasion d’une discussion politique dans les cafés, dans les bars,  dans les taxis et dans les bureaux, si l’interlocuteur est malinké il soutient Alpha Condé, s’il est peul il soutient Cellou Dallen Diallo, s’il est forestier il soutient Papa Koli Kourouma, comme s’il existait désormais, au sein de chaque communauté ethnique en Guinée, une pensée unique.  Or, tout sociologue sérieux sait que l’action des individus dans la société, leur prise de position et leurs opinions varient selon ces variables sociologiques. Mais, dans le cas guinéen, c’est l’ethnie qui a été le ciment du regroupement des individus autour d’un candidat dont, le plus souvent,  ils ne connaissent même pas le programme. C’est pourquoi les deux candidats élus au second tour sont aujourd’hui plus porteurs d’une identité ethnique régionaliste, d’une fierté, d’une frustration et des désirs de revanche de leur groupe ethnique que d’un véritable projet de développement de la Guinée.  Pourtant, si je peux me permettre d’exprimer cette opinion, il y avait des candidats   porteurs d’un projet de développement   qui, tout en étant peuls et malinkés, étaient mieux que Mr Cellou Dallen Diallo et Mr  Alpha Condé. Ces candidats auraient pu être préférables  pour l’ensemble de la Guinée rongée et minée par la corruption et clivage ethnique,  mais c’est la passion qui l’emporte sur la raison. C’est pourquoi tout porte à croire que les Guinéens ne sont pas  encore prêts pour le développement qui devrait se traduire par l’amélioration de leurs conditions de vie.

Nous assistons donc à un retour en arrière par rapport au mouvement trans-ethnique de 2006-2007, qui avait pour objectif principal l’amélioration des conditions de travail et de vie des Guinéens, qui devrait se réaliser par le renversement du régime de Lansana Conté. C’est pourquoi je suis de plus en plus convaincu aujourd’hui que les leaders syndicaux de ce mouvement social, qui ont pu surmonter les clivages ethniques,  auraient pu diriger la Guinée vers une transition dans le sens du développement économique et social.  Il y a effectivement des groupes d’individus ou des catégories socioprofessionnelles qui ont choisi  et voté rationnellement pour les deux   candidats en fonction  de leurs intérêts, mais ils sont peu nombreux par rapport à la majorité des électeurs qui sont manipulés et souvent instrumentalisés.  

Je pense également aux élections de la Guinée en 1958, qui était également beaucoup plus démocratique que cette élection que nous sommes en train de vivre, dans la mesure où à cette époque les deux plus grands partis politiques, BAG et PDG avaient plus de base sociologique que RPG ou UFDG  dans la Guinée de 2010. Cela constitue également une régression.  Le BAG, qui n’était pas pour une indépendance immédiate de la Guinée, regroupait surtout les élites de l’administration coloniale, dont la plupart étaient issues des strates supérieures des chefferies traditionnelles(les enfants de chefs de canton ayant bénéficié de la scolarisation à l’époque coloniale) , alors que le PDG s’appuyait surtout sur les couches les plus défavorisées par le système colonial( les dockers, les travailleurs victimes des travaux forcés, les esclaves etc).

Quant aux partis politiques qui ont plus de base sociologique actuellement et qui sont,  par conséquent, moins ethnocentristes ou régionalistes notamment L’UFR, PDN et PUP etc , leurs leaders ont privilégié l’accès à des postes ministériels, bref le partage du pouvoir avec le futur vainqueur au lieu de continuer à  s’opposer à ces deux grands partis régionalistes dans le sens l’unité nationale. Ce qui nous amène d’ailleurs à nous interroger sur la sincérité et la conviction  de la classe politique guinéenne dont  les acteurs sont plus préoccupés d’accéder   au pouvoir que de  défendre un projet de société en gardant une ligne de conduite cohérente fidèle à leur programme.

Dans ces conditions, le jour de la proclamation des résultats du second, le candidat élu héritera d’un pays divisé et miné par des clivages ethniques. Or Il ne pourra conduire le pays vers  le développement qu’en obtenant l’adhésion de l’ensemble des guinéens à son projet. Même si les électeurs  du candidat malheureux ne contestent pas les résultats , ils seraient susceptibles de saboter le programme et les actions  du futur président.  Ce dernier devra répondre également à l’attente de ses électeurs constitués en lobby,  dont la majorité pense que  l’élection de  l’un des membres de leur ethnie contribuera à résoudre leurs problèmes d’un coup de baquette magique.  

Quelle que soit l’issue de ces élections, le problème ethnique  qui constitue un frein  à l’unité nationale et au développement demeurera intact et personne ne viendra le régler à la place des guinéens. Face à ce problème qui ne met pas le Pays non plus  à l’abri d’une guerre civile, l’attitude dominante des guinéens consiste à le nier  en chantant dans toutes les places publiques et dans les radios que la Guinée est une famille. Or nier un problème n’est pas le résoudre.  Nous savons aujourd’hui que les conflits latents ou manifestes entre les Guinéens appartenant à des différentes ethnies sont intimement liés à certains évènements douloureux qui sont intervenus dans l’histoire politique de notre Pays. Or, il y a une mémoire malinké, forestière, peule et soussou de ces évènements. C’est pourquoi nous ne pouvons pas faire, d’abord, l’économie de la construction  d’une mémoire commune, partagée par tous, de l’histoire politique de la Guinée.

Dans cette période  d’euphorie et de triomphalisme, je ne veux pas être pessimiste, mais le réalisme nous oblige à regarder les choses en face et les présenter telles qu’elles sont.  C’est ce qui nous permettra de les améliorer, voire les changer définitivement. Si les Guinéens ne se penchent pas sincèrement sur le problème ethnique, en renonçant à toute hypocrisie, ils sont encore loin d’instaurer la démocratie et de promouvoir le développement économique et social de notre cher et beau  Pays.

Dr Abdoulaye Wotem Somparé pour Aminata.com
Enseignant-chercheur en Sciences Sociales
 

Qu'attendons nous donc de cette 2ème phase des élections pour sauver la transition?

 
L'une des tactiques utilisées par nos dirigeants est bel et bien la division.
" Diviser pour regner" est donc le mot d'ordre et son application se voit dans tous les pays comme le notre qui ont essayé de se donner une autre direction contraire à la dictature, la corruption, l'intimidation et j'en passe.
 
 
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