Où s'arrêtera Alpha Condé dans ses crimes contre la Guinée et les guinéens ? Par Tibou Kamara

Zeus rend fous ceux qu’il veut perdre: Zeus s’est invité chez Alpha Condé. – L’enfer c’est Alpha. -L’Etat, le pays, c’est lui. -Jusqu’à quand laissera-t-on faire ? »

«Tout est permis ne signifie pas que rien n’est défendu». Albert Camus

Il ne se passe plus un jour sans qu’un guinéen ne tombe sous les balles du régime criminel et liberticide d’Alpha condé dans l’indifférence d’une communauté internationale, plus prompte à jouer les sapeurs pompiers qu’elle ne paraît à l’aise dans le rôle de gendarme. La vie d’un Guinéen ne vaut-elle pas celle d’un autre, quand on observe la vague de protestation et de condamnation ailleurs dans le monde chaque fois que des manifestants sont réprimés dans le sang ?

La Guinée, oubliée du monde, méprisée de ses gouvernants, comme frappée par une malédiction, continue à enterrer ses morts dans le silence et la résignation des vaincus et des faibles. Les guinéens, cependant, plient sans rompre devant une tyrannie impitoyable. Et il ne faudrait surtout pas une autre fois encore, quand le pouvoir sera dans la rue, lui accorder un sursis de trop par le semblant de dialogue et d’apaisement engagé chaque fois qu’un péril pointe à l’horizon ou Alpha condé court à sa perte. Avis aux opposants.

Les manifestants tués, pour la plupart portés par l’ardeur de la jeunesse et emportés par l’idéal d’une autre Guinée possible, ont détruit le mythe surfait et contrefait de l’ancien opposant, pour qui ils ne cesseront jamais d’ être  » un cas de conscience ».En attendant la justice de Dieu, bien avant, celle des Hommes ici bas.

Il n’y a pas l’ombre d’un doute qu’Alpha Condé est irrémédiablement sorti de l’estime de ses concitoyens et qu’il ne peut plus prétendre à une place quelconque au panthéon politique des hommes qui ont marqué leur temps, l’histoire contemporaine dont, lui, il est viré.

A son passif, aussi lourd que le poids qu’il est devenu pour une Guinée qui se serait passée de sa Présidence funeste, une longue liste de victimes innocentes devant laquelle, pour l’instant, les guinéens ne manifestent pas une indignation spectaculaire, à plus forte raison, pousser un cri de révolte légitime. Une révolte violente à la mesure des exactions nombreuses et fréquentes commises par un homme prêt à tuer pour la survie de son régime sans la moindre légitimité électorale et assise populaire aujourd’hui.

S’indigner devant la violence gratuite, plus encore se révolter face aux crimes répétés et horribles à une époque où la dignité humaine et le respect des droits des citoyens déclenchent de grandes révolutions partout, est un devoir pour chaque guinéen, patriote et démocrate.

Hier encore mercredi 26 février 2014, hélas, un jeune guinéen, à la fleur de l’âge, a été tué à Fria, alors même que les deux victimes des dernières émeutes de l’électivité hantent encore la mémoire collective et témoignent de la brutalité d’un régime devenu fou et voué à disparaître plus tôt qu’on ne pourrait l’imaginer:  »Zeus rend fous ceux qu’il veut perdre  »: Zeus s’est invité chez Alpha Condé.

En effet, depuis ce jour fatidique pour la Guinée et les guinéens où Alpha Condé a forcé le destin pour s’installer au palais Présidentiel, de nombreuses familles ont été détruites et endeuillées, d’autres continuent à subir la violence et les injustices d’un régime sourd et aveugle.

Tous les Guinéens, sans exception, souffrent d’un homme qui, peut-être parce qu’il a trop longtemps attendu son heure et ne s’est rien interdit dans son parcours politique au point que son placard est rempli de cadavres, semble engager dans une entreprise de démolition de la Guinée et de massacres de ses compatriotes.

Jusqu’à quand laissera-t-on faire ?

Alpha Condé se croit tout permis, n’ayant de limites que celles qu’il se fixe ou admet dans une logique implacable de confiscation du pouvoir, de persécution et de harcèlement permanents du peuple de Guinée.

C’est aux Guinéens, à eux seuls, de le rappeler à l’ordre sans attendre en entreprenant de le chasser du pouvoir, car c’est de leur vie et de leur destin qu’il s’agit. La Guinée, prise en otage par Alpha et soumise à la volonté et l’arrogance du clan kleptocrate et autocrate au pouvoir dont les mains sont tachées de sang, doit scruter le ciel d’Ukraine, de Venezuela, de Turquie … où face à des régimes réputés forts et des leaders intraitables ‘’la volonté populaire s’est révélée celle de Dieu ».

En tout cas, face à un homme engagé dans une Présidence à vie et un régime qui se veut éternel, seuls les imbéciles peuvent croire encore qu’Alpha Condé, aussi populaire que la mort qu’il distribue généreusement, fera  » cadeau  » à la Guinée et à sa démocratie d’une défaite électorale.

Au regard de son histoire récente, la Guinée semble être le pays de  »l’omerta » et de la » révolte impossible ». Et pour cause, les leaders d’opinion si portés à prêcher la paix et l’unité ne semblent guère préoccupés par le drame que vit une nation déjà tourmentée par de sombres heures d’une histoire cruelle. Les populations  » clochardisées » n’ont pas parfois d’autre choix que de subir, confrontées qu’elles sont déjà à la violence d’un quotidien sans appel. L’élite, celle que le pouvoir fascine, corrompt et déshumanise, comme à son habitude, se complaît dans la complicité avec le Chef de l’Etat en fonction, convaincue de pouvoir remettre ça avec le prochain. Mais les temps ont bien changé, comme l’indique l’accélération de l’histoire marquée par la chute de beaucoup de régimes et la disqualification des élites au pouvoir qui ont manqué de sens de la responsabilité et de l’histoire.

Même si des Guinéens aujourd’hui au pouvoir ne croyant en rien et se sentant aussi invulnérables ont la faiblesse de croire que le revers de fortune n’arrive qu’aux autres, la roue de l’histoire tourne et continuera à tourner malgré eux et contre eux.

Au demeurant, La Guinée certes éprouvée par ses nombreuses illusions perdues mais aussi héroïque dans la résistance, n’a pas raison de continuer à se taire et de se résigner à son sort que chacun a le pouvoir, par sa propre volonté et sa farouche détermination, de changer ici et maintenant.

Le silence et l’indifférence coupables de chacun et tous que le belliqueux Condé, sensible seulement à l’épreuve de force et à la résistance, considère comme une capitulation devant son talent de politique et sa domination étendue à tout le pays, nous condamnent à un naufrage collectif dramatique pour les générations d’aujourd’hui et de demain.

Tant que les Guinéens n’auront pas consenti à se mobiliser dans un sursaut national et un élan déterminé pour affronter Alpha Condé afin de libérer le pays de son emprise et balayer son régime rétrograde, la descente aux enfers continuera. D’autant que pour tout guinéen proche d’Alpha Condé, l’exemple des jeunes du RPG est encore vivace dans les esprits ou adversaire déclaré de son régime, comme de millions de nos concitoyens,  » l’enfer c’est Alpha ».

Même après le départ du pouvoir de cet homme devenu le cauchemar des guinéens, la Guinée subira le poids de son héritage qui, chaque jour que Dieu fait, plombe l’après-Alpha, dores et déjà pressenti comme un processus d’expiation de crimes graves contre la Guinée où la vie ne vaut plus rien, l’Etat, la justice, l’économie …sont l’émanation d’un homme pour qui  » l’Etat, le pays, c’est lui ».

Dans une Guinée où trop de sang a coulé, où règne l’impunité depuis trop longtemps, où  » la loi du plus fort est toujours la meilleure », ce n’est pas en acceptant le fait accompli d’une dictature en déphasage total avec l’exigence de démocratie et de liberté qui charrie le monde, qu’on pourra honorer la mémoire de nos martyrs et mériter de notre patrie. C’est même parce qu’on a failli à chaque étape de notre histoire et de l’évolution politique et sociale du monde à notre devoir envers notre Guinée natale que la colère divine s’est abattue sur nous.

Thomas Jefferson a prévenu:  » Se révolter contre la tyrannie, c’est obéir à Dieu ». N’avons-nous pas alors de tout temps désobéi à Dieu qui nous a laissés à notre sort pour n’avoir pas entendu son appel et compris que la seule réponse à l’oppression est la résistance et la révolte ?

Une leçon d’histoire et une recommandation de Dieu qu’il est temps pour chaque Guinéen de suivre pour recouvrer sa dignité et rétablir la fierté de son pays. Avant que Dieu qui nous a déjà punis de nos infidélités et lâchetés envers la terre de nos ancêtres ne nous tourne le dos.

Définitivement.

Tibou Kamara

 

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