La Russie exhorte à l’intensification de la lutte contre le trafic de drogue
Les 9 et 10 juin, s'est tenu à Moscou le forum international très représentatif intitulé "La production de drogue en Afghanistan - un défi pour la communauté mondiale". Une rencontre placée sous l’égide du Président russe Dmitry Medvedev. Celui-ci avait, à cette occasion, attiré l'attention sur ce problème brûlant qui constitue, selon la partie russe, l'un des principaux défis pour la sécurité nationale de la Russie dans ce début du XXI siècle et reste un fléau pour la communauté internationale exigeant une action hardie et urgente.
Le forum a rassemblé des responsables de la lutte contre les stupéfiants et les organismes en charge de l’application de la loi dans différents pays, des experts russes et étrangers, représentants d'organisations internationales : ONU, OTAN et OCS.
Le thème principal de ce forum était "l'intensification de la lutte contre le trafic de drogue en provenance d'Afghanistan".
Au cours de ce forum international, Dmitry Medvedev a annoncé : « Nous considérons la "narcomanie" comme une menace essentielle et sérieuse au développement de notre pays et à la santé de notre peuple. Pour contrer cette menace, on avait préparé et approuvé la Stratégie de la politique d'Etat de la Russie sur la lutte contre les stupéfiants jusqu'en 2020. Il est primordial que dans ce travail on n’utilise pas seulement des possibilités de l'État qui, bien sûr, va s’acquitter de sa mission, mais aussi celles de la société civile ».
Dans cette stratégie, s'agit-il également de renforcement de "la ceinture de sécurité" autour de l'Afghanistan pour l'empêcher la contrebande des opiacées, d'actions interétatiques de prévention et de recherches afin d’identifier et de démanteler les chaînes internationales de trafic de drogue et de beaucoup d’autres choses néfastes encore.
Le forum était d’une grande signification non seulement pour la Russie, mais vu sa position géographique, pratiquement pour tous les Etats du monde.
Moscou appelle à unir les efforts dans la lutte au double niveau régional et international. Car, la tâche s’avère collective. Toutefois, la lutte contre les drogues se doit d’être menée sans aucune politisation.
De l'avis d’experts russes, à ce stade, la tâche principale est de prévenir la mondialisation des flux criminels. Comme la pratique l’a démontré, l'absence d'efficacité dans la lutte contre les stupéfiants nourrit d'autres problèmes comme le terrorisme, mais elle freine aussi le développement des pays arriérés et l'humanité toute entière.
Les observateurs internationaux s’accordent à reconnaître que ces dernières années, les jeunes constituent la cible principale de la menace de la drogue. Au cours de huit dernières années, en raison de la seule utilisation de l'héroïne afghane, le monde a perdu près d'un million de jeunes - les gens qui n'ont pas encore atteint l'âge de 35 ans. Pour faire face à ce fléau à l'échelle mondiale, il est nécessaire de lutter non seulement contre le trafic de drogue, mais aussi contre des facteurs sociaux qui le génèrent comme la pauvreté, l'inégalité dans la société ainsi que la corruption.
Il convient de noter que la Russie a été obligée d’adopter des mesures vigoureuses pour lutter contre le trafic de drogue lié à l'intensification de la circulation de l'héroïne afghane sur son territoire. Sur ce plan, on est quelque peu amené à regretter la passivité et l'approche spécifiques des États-Unis et des pays occidentaux de la coalition antiterroriste en Afghanistan dans la résolution de ce problème.
Selon des experts russes, l’approche de Washington dans la lutte contre la drogue en Afghanistan, exprimée à Trieste par l’envoyé spécial américain en Afghanistan et au Pakistan Richard Holbrooke, qui se fonde sur le refus de la destruction des semences des stupéfiants, est erronée. S’attaquer à la racine du mal qui passe par la destruction des laboratoires de production des drogues devrait être la plus urgente mission car il y a déjà des cartels avec une hiérarchie et une structure bien établies, des sources de financement et des équipements techniques pour la production des stupéfiants, tous bien connus et presque identifiés.
Cependant, il n'y a aucune garantie que l’appel de la partie russe depuis le forum de Moscou sur la destruction obligatoire des cultures de drogues par les forces de l'OTAN en Afghanistan sera entendu. A ce moment, la position américaine est telle, que les USA s'inquiètent beaucoup plus de la sécurité de leurs soldats se trouvant dans la zone pour quelque raison. Ils n’entendent pas se mettre à dos la population locale s'occupant de la culture du pavot. Et pour cause. Ils sont pauvres et ces pratiques constituent leurs seules sources de revenus. Ce qui fait dire par beaucoup que par cette "tolérance", Washington légalise la production de l'opium. Une bonne partie de ces productions se retrouvent souvent en Russie et dans d'anciennes républiques soviétiques par des voies illégale et les tenir par ce moyen «sur l'aiguille». Surtout qu’il est admis que l'Afghanistan produit 95 % de toute l'héroïne circulant dans le monde.
Selon des experts occidentaux, l'expérience de la Colombie et des pays "du triangle d'or", semble la méthode la plus efficace en matière de lutte contre la production des drogues. Cette méthode se baserait sur la destruction des semailles par défoliation (l'aspersion de défoliants par l'avion). Il a été regretté la stratégie américaine en Colombie qui a consisté à utiliser des avions militaires sur de vastes superficies de cultures narcotiques sans tenir compte des cultures vivrières par exemple et tout ce qui se trouvait à côté. Certains ne comprennent pas cette attitude de Washington car pour eux, il est établi que l'héroïne se trouvant en Colombie avait ses usines de production sur le sol américain.
Au regard de ces réalités et de bien d’autres, il est donc à saluer les mesures prises par Moscou dans la lutte contre le trafic international des drogues, car louables et dignes d’attention de la part de ses partenaires occidentaux qui devraient refuser d’adopter la politique de "deux poids, deux mesures" dans la prise de décision face à ce problème. Il convient de garder à l'esprit que dans le cas d’une victoire de la Russie contre l'héroïne afghane et la création de sa propre zone tampon, le flux de stupéfiants qui vont vers l'Asie, l'Afrique et l'Europe pourrait être réduit.
La Guinée se réjouit de pareilles actions contre le trafic de drogue. La Guinée, un pays classé "fragile" et qui était en passe de devenir un narco-Etat. Mais, au regard des dernières décisions prises par les autorités avec la création d’une agence de lutte contre le trafic de drogue, les crimes organisés et le banditisme, l’espoir est permis pour des lendemains meilleurs.
Vivement donc, la politique russe de lutte contre la drogue. Vivement, le soutien de tous à cette politique.
Dr Mohamed Ben Sylla, analyste géo-stratège pour Aminata.com
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