Mohamed Diaré parle de la conférence d'Abu Dhabi et du projet de budget 2014 (entretien)

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En marge de la cérémonie de lancement du rapport Doing business 2014, qui a mobilisé le 29 octobre passé, décideurs et acteurs au développement au siège de la Banque Mondiale (BM), notre rédaction a rencontré le ministre délégué au budget, M. Mohamed Diaré. Dans cet entretien à chaud, le patron du budget revient entre autres sur les questions liées à la réduction de la croissance économique enregistrée en 2013 suite au départ des investisseurs du secteur minier et les mouvements sociaux  mais aussi des préparatifs de la conférence des investisseurs à Abu Dhabi, les 24 et 25 de ce mois. Tout naturellement, il a parlé des perspectives budgétaires et de la croissance en 2014 ainsi que du projet de budget 2014 qui attend la nouvelle Assemblée nationale. Lisez…  

Aminata.com : Bonjour M. Diaré parlez-nous des causes de la réduction de la croissance en Guinée et de l’impact économique de la situation morose des miniers?

Mohamed Diaré :  La réduction, peut-être que oui avec la diminution des investissements suivie du ralentissement des opérations au niveau de certains projets et principalement du projet Simandou, cela a impacté négativement la croissance économique de la Guinée. A cela s’ajoute aussi les mouvements sociaux que la Guinée a connus cette année ont fait que la croissance a baissé et va baisser car, de 5 on va être autour de 2,7 à 2,8 % de croissance. Le taux de pression fiscale qu’on voulait porter à 20 ou 21% en 2013 sera peut-être à 18,5 à 19%.

Concrètement, peut-on dire que la crise dans le secteur minier a plus impacter sur la croissance en Guinée ?

Je vous parle de chocs à la fois sur le secteur minier et sur les mouvements sociaux font que la croissance à reculer, font que le niveau de la mobilisation a baissé. Et conséquemment, je pense que la création de richesses, d’emplois va connaitre une réduction en 2013. Nous sommes dans une année spéciale, une année très difficile, je pense que de tels résultats aujourd’hui dénotent que si on n’avait pas enregistré le choc sur le secteur minier, si on n’avait pas les mouvements sociaux enregistrés en Guinée, cette année allait connaitre je pense les indicateurs qui pourraient s’améliorer beaucoup plus.

Avez-vous envisagé des mesures correctives pour l’année 2014 ?

Evidemment. C’est pourquoi je commence par lancer un appel à tout un chacun pour dire que le plus important pour nous les Guinéens ici en Guinée, c’est de lutter contre la corruption, c’est de lutter contre la pauvreté. C’est la pauvreté qui est notre ennemi commun.  Ce ne sont pas les partis politiques ni de la mouvance ni de l’opposition, ce ne sont pas les régions naturelles, ce ne sont pas les individus, c’est la pauvreté. Je pense que le minimum d’entente entre les acteurs, entre les institutions du pays peut permettre de mettre en œuvre la politique que le gouvernement est entrain de développer pour que les Guinéens puissent se retrouver bien heureux. Quand vous avez un choc sur une première année, vous reprenez vos projections et cela dépendra du rattrapage en 2014 et 2015. Mais si, les taux projetés pour la période ne sont pas atteints, effectivement cela peut affaiblir un peu les perspectives qui ont été initialement prévues.

Concrètement, sur quoi, vous vous basez pour relancer la croissance ?


Avec tout ce qui se passe aujourd’hui en Guinée,  à savoir les élections législatives dont peut être les résultats définitifs vont être validés (ndlr : le 15 novembre) par la Cour suprême et aussi que les investisseurs étrangers certainement vont affluer petit à petit chez nous, et s’il y a l’accalmie politique, je pense que nous pouvons  avoir des meilleures perspectives. La reprise du projet Simandou et avec d’autres grands projets miniers bien sûr. Je pense que si toutes ces grandes agences commencent leurs activités en 2014 avec la reprise des activités sur d’autres secteurs notamment, l’agriculture, le commerce et les travaux publics, estimons qu’on peut effectivement rattraper le manque à gagner qu’on a observé cette année 2013. C’est dans cette dynamique que s’inscrit la conférence des Investisseurs et des partenaires à Abu Dhabi, les 24 et 25 novembre. Je peux dire que la Guinée est sur la bonne voie, le Professeur Alpha Condé est venu en fin décembre 2010, où le taux de croissance était estimé à 1,9% on a fait un taux de croissance sur les deux années qui ont suivi autour de 4%.

Avec ces données peu reluisantes, est-ce que le chemin de devenir un pays émergent n’est pas éloigné à la Guinée ?

Si la Guinée n’avait pas enregistré les chocs cités ci-haut, elle allait avoir un taux de croissance de 5% actuellement. Je tiens à vous dire que l’émergence que le Président a parlée ne peut pas se faire en une ou deux années et même au cours de deux mandats. L’émergence se projette. Je pense que si on arrive à mettre les fondamentaux de l’économie en place, si on arrive à garder une sécurité des investisseurs et des investissements, si on arrive à assurer une justice équitable, je pense que la Guinée aura effectivement  à mettre en œuvre bien sûr des grands projets miniers. En profitant du revenu du secteur minier pour diversifier l’économie, la Guinée peut aller rapidement vers l’émergence. Et c’est ce qu’a souhaité le Professeur Alpha Condé.

M. le ministre nous sommes en fin d’année budgétaire est ce que le projet de budget 2014 est prêt? Si oui quand est-ce que vous comptez le mettre sur la table de l’Assemblée Nationale ?

Ah vous avez bien dit, l’Assemblée nationale. Rire. , nous attendons l’installation de la nouvelle Assemblée nationale, parce que cela fait deux années de suite, nous sommes dans le cadre normal, c’est-à-dire voter le projet du budget avant le 31 décembre. C’est ce qu’on voulait faire cette année aussi. Aujourd’hui nous avons un projet de budget pour l’année 2014. On le fait soumettre au CNT ? C’est vous les journalistes qui allez commencer d’abord à nous critiquer. Politiquement ce n’est pas soutenable, nous mêmes nous le savons. Donc, on se plie au calendrier de l’installation de la nouvelle Assemblée et dès qu’elle sera installée, le premier projet qu’elle va recevoir, c’est le projet de budget 2014. Nous sommes en train de réfléchir au cas où, le projet n’est pas adopté au 31 décembre qu’est ce qu’il faut faire ? Parce que les textes aussi nous le permettent. Mais nous, notre souhait est de continuer les mêmes progrès que nous enregistrons. Soumettre le projet de budget à temps, le discuter, l’adopter avant le début de son exécution.

Propos recueillis par Abdallah Baldé assisté de Oumar M’Böh pour Aminata.com
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