Me Jean Alfred Mathos : «il ne faudrait pas que l’opposition aille dans la rue » (Interview)

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Maitre Alfred Mathos président de l'UPG
Maitre Alfred Mathos président de l'UPG

Lors d’une interview exclusive accordée à notre rédaction jeudi 31 août 2017, le président de l’Union pour le Progrès de la Guinée (l’UPG) de feu Jean Marie Doré s’est largement prononcé sur certaines actualités brulantes de la cité entre autres, les informations actuelles sur son parti, l’avant-projet  du chronogramme élaboré par la CENI, la menace de reprise des manifestations de rue par l’opposition,  la transaction entre lui et Antonio Souaré pour diriger  le club Horoya AC et l’insécurité qui bas son plein dans le pays.

Lisez ! 

Aminata.com : Depuis le symposium de Feu Jean Marie Doré, nous constatons que les activités politiques du parti sont stoppées. Qu’en est-il en tant que président du parti ?

Me Alfred Mathos : Vous avez vu l’extérieur, ce n’est pas stoppé puis que nous avons nos réunions hebdomadaires du BPN chaque vendredi à 16 heures. En fait, quand vous prenez un parti qui date de 1992 dont son feu président, Jean Marie Doré a été l’un des pionner de la démocratie en Guinée.

Nous en tant que héritiers de ce testament historique et politique, il était bon pour nous d’abord de faire l’inventaire de nos structures. Ces inventaires passent par une méthode et, par un message.

Le message, c’est d’abord de féliciter tous les fidèles militants qui sont restés au sein du parti sans aller ailleurs. Et d’essayer d’évaluer nos forces et nos faiblesses.

De ce fait, nous avons envoyé des inspecteurs dans nos régions. Essentiellement en forêt parce que vous n’êtes pas sans savoir que chaque parti à son fief. Cela ne veut pas dire que nous ne sommes pas implantés ailleurs, à Boké, Labé et à Conakry. Cette évaluation est en train d’être faite, nous sommes en train de renouveler  nos structures.

Je vous annonce que  la structure des bureaux d’assurances des femmes et le bureau national des jeunes  doivent être mises en place. Et que je dois faire une tournée à l’intérieur du pays.

Nous avons un groupe parlement qui est avec l’UFR, qui l’alliance démocratique et, c’est dans ce groupe parlementaire que nous nous faisons entendre. Comme je l’ai toujours dit, je ne suis pas demandeur,

Je ne vais pas me mettre à communiquer à tout moment pour dire que tout va vite. C’est vrai, sur certains faits de la nation qui se passent, on doit entendre le point de vu de l’UPG. Mais qu’à cela ne tienne  avec mes déplacements  qui m’ont éloigné un peu du pays à cause de mes occupations professionnelles, vous m’entendrez. Il n’est pas trop tard pour bien faire, je vais essayer de remédier à ce déficit de communication.

Aminata.com : La CENI vient de faire l’avant-projet du chronogramme des élections locales. Quelle est votre impression ?

Me Alfred Mathos : Je dirai que c’est une chose à saluer dans la mesure où nos populations ont soifs des élections. Ce sont ces élections qui sont le thermomètre d’une démocratie. C’est-là,  on  peut mesurer les forces et les faiblesses de la mouvance présidentielle, de l’opposition ou les partis politiques qui sont créés pour aller aux élections.

Il faut s’y attendre est-ce que la CENI aussi à l’annonce de cet avant-projet  du chronogramme des élections locales, si ça va être suivi des moyens adéquates pour que nous puissions aller à l’élection avant la fin de 2017, parce qu’en 2018, vous avez les législatives.  Donc je salue ce chronogramme, nous soutiendrons la CENI pour que ces élections aient lieux.

Aminata.com : Comment votre parti se prépare pour ces élections locales ?

Me Alfred Mathos : Nous avons déjà des maires à Lola, dans les préfectures de Yomou et de N’Nzérékoré. Vous savez les communales préparent les législatives et les législatives préparent les présidentielles. Si vous n’allez pas aux communales, vous ne pouvez pas corriger votre stratégie électorale par rapport aux autres. Donc, nous sommes condamnés à aller aux élections communales, mais nous allons mettre une stratégie d’abord en interne.

Puisse que nous sommes un groupe parlementaire avec l’UFR. Nous allons essayer de voir avec notre partenaire UFR, comment allez ensemble et, ce n’est pas exclusif à un autre qui veut évoluer avec  nous.

Mais notre stratégie, c’est d’évaluer nos forces et nos faiblesses. Cela nous permettra de savoir là où on peut gagner nettement et, là où on ne peut pas gagner, on fera des alliances.

Aminata.com : L’opposition menace de redescendre dans les rues, si la CENI ne décline pas le chronogramme des élections locales dans un bref délai. Qu’en pensez-vous ?

Me Alfred Mathos : L’opposition a le droit de manifester. Mais, il faut déjà saluer la bataille politique à quitter la rue pour venir sur la table de négociation. Donc, il faut se maintenir là.

Epuiser toutes les voix pour que la négociation ne quitte pas à la table de négociation. Ça, c’est la partition du gouvernement, de la mouvance présidentielle, de l’opposition et même du centre.

Par conséquent, il ne faudrait pas que l’opposition aille dans la rue. Il faudrait qu’elle attend d’abord que ça soit vérifié que la CENI n’est pas de bonne foi pour aller aux élections, puisse que la CENI a aussi stratégique  politique, ça aussi,  c’est important.


Il faut aider la CENI à pouvoir aller aux élections, comme elle a une nouvelle direction maintenant, je pense qu’il faut les faire confiance et chaque parti est représenté à la CENI. Donc, à nous d’outiller nos commissaires qui nous représentent là-bas pour ne qu’il y ait ni excès inutile et ni faiblesse coupable.

Aminata.com : Depuis un certain moment, l’insécurité bas son plein à Conakry comme à l’intérieur du pays, cela s’explique par rapport à ce qui s’est passé récemment à Labé où la tête d’une femme de 70 ans a été arrachée par un malfrat et plusieurs autres cas dans la capitale guinéenne. En tant qu’un homme politique et juriste de son Etat, quel est votre avis ?

Me Alfred Mathos : Ce problème-là,  il faut le prendre sur tous les aspects, le premier,  c’est le manqu d’infrastructures. Dans un pays où vous avez les infrastructures qui manquent, comme l’eau, l’électricité, des routes etc. vous auriez forcément un problème d’insécurité. Le second, c’est les forces de l’ordre, il faudrait les donner les moyens de pouvoir exercer leur profession.

Ensuite, il y a l’impunité, il ne faudrait pas que celui qui fait des méfaits comme vous venez de le décrire, ne se retrouve pas pour être puni. Dès fois la police a dû mal à le retrouve parce qu’ils n’ont pas les moyens et, il y en a d’autres, si on les retrouve, ils ne sont pas punis.

C’est à l’Etat de faire ça, il faut que les gens aient peur, il faudrait qu’ils sachent que s’ils franchissent la ligne rouge,  ils vont être sanctionnés.  Aujourd’hui, le fait de banditisme, l’envergue n’est pas seulement de la Guinée. Ça existe chez les autres pays.

Aminata.com : A un moment donné, vous avez été le président de Horoya Athlétic Club de Coleyah, aujourd’hui c’est le fils d’Antonio qui gère ce Club. Dite-nous comment la transaction s’est passée entre Antonio Souaré et vous avant le relai de son fils ?

Me Alfred Mathos : Pour la petite histoire, Guinée-Games a été notre sponsor leader pendant trois ans. Et moi j’étais à la tête de Horoya depuis vingt-ans. Quand il est arrivé à un moment,  j’ai décidé de passer la main. Je n’avais plus chalenge, puisse que à l’époque le Horoya sur le plan national avait fait ses classes.

Il fallait que le Horoya monte d’un grand pas pour aborder la coupe d’Afrique des clubs champions et, pour avoir une compétition comme le Hafia. Donc j’ai dit à Antonio Souaré qui voulait s’impliquer plus rapidement dans le club, j’ai demandé aux membres sociétaires d’Horoya de faire une assemblée, et on lui a passé la main.

Ce qui se passe aujourd’hui au Horoya, nous sommes maintenant dans un domaine de la ligue professionnelle. Les clubs se sont vus  dotés de structures qui ressemblent  un peu à des clubs pratiquement privés et professionnels.

Je ne suis pas au parfum des structures, mais je pense que le faite que le fils d’Antonio gère le Horoya parce qu’il y aurait conflit d’intérêt en tant que président de la fédération et que lui-même, il gère un club et en tant que président aussi de la  ligue, ce problème d’intérêt, je comprends aisément.

A partir du moment qu’il a fait de l’investissement dans le club, il est important qu’il puisse avoir une visibilité sur ce qu’il a mis sur le club. Donc, mettre son fils, ça ne gêne pas, ça existe ailleurs.

Le père en fils pour gérer un club, pour moi, ce n’est pas ma tasse de thé, mais mon problème, c’est que nous sommes encore dans une phase qui part de l’amateur au professionnel. Il faut qu’on fasse très attention, les esprits malins peuvent utiliser ça pour dire qu’il se place trop, il est président de la fédération guinéenne de football en même temps président de l’organisation de CAN en 2023, mais bref, dans ce jardin très restreint de football, il y a de sponsors leaders dans ce cadre-là.

Si un monsieur comme Antonio peut mettre de l’argent dans le football, pourquoi lui reprocher ça,  s’il trouve son pain dans cette filière sportive ?

Mais,  je pense qu’il est assez lucide pour comprendre que le football est un sport populaire, il faut d’adhésion de la population. Je connais les supporters de Matam, je sais qu’ils ont une sensibilité, l’honneur pour eux, c’est de participer à la vie du club.

Votre dernier mot pour conclure notre interview !

Je vous remercie d’être venu m’interviewer  Sachez que les gens  m’ont dit que votre site est beaucoup suivi. Je resterai en contact avec vous permanemment, parce que je sais que les réseaux sociaux ont pris le relai des radios et des télévisions, tout le monde à accès à travers les cybers et les Smartphones.

Donc aujourd’hui,  l’audience de votre site  est très grande. Je vous souhaite bon vent et je souhaite que la Guinée soit à lauré  des années qui nous attendent et, le renouvèlement de la classe politique, je tiens parce que les jeunes et les femmes qui sont la couche la plus nombreuse sont les laisser pour compte.

Interview réalisée par Ibrahima Sory Barry pour Aminata.com

Tel : (+224) 654-79-50-63

 

 

 



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