L'économie guinéenne en chiffre, le Franc guinéen plusque jamais stable!

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Au cours des cinq dernières années qui ont précédé les élections présidentielles de 2010, l’économie guinéenne fut marquée par une forte dégradation de ses indicateurs socioéconomiques.

En dépit d’une légère augmentation, la croissance du PIB en 2010 est restée insuffisante pour faire reculer le niveau de pauvreté du pays. En effet, le taux de croissance s’est établi à 1,9% en 2010 contre une baisse de 0,3% en 2009. Le déficit budgétaire global hors dons s’est fortement creusé pour représenter 14,4% du PIB. L’endettement du Trésor dans les livres de la Banque Centrale est passé de GNF 3 448,7 milliards à fin 2009 à GNF 6 455,7 milliards à fin 2010, soit une hausse de 87,2%. L’une des conséquences de cette situation fut la forte explosion de la masse monétaire dont le niveau est passé de GNF 5 945,1 milliards à fin décembre 2009 à GNF 10 367,9 milliards à fin décembre 2010.

Le taux d’inflation en glissement annuel s’est alors accéléré pour atteindre 20,8% en 2010 contre 7,9% à fin décembre 2009. Les réserves de changes se sont amenuisées pour représenter moins d’un mois d’importations à fin 2010. Entre décembre 2009 et décembre 2010, la monnaie nationale s’est dépréciée de 19% par rapport au dollar US et de 12% par rapport à l’Euro. Les écarts de change entre les marchés officiel et parallèle par rapport à ces devises se sont élargis pour s’établir à 17,2% et 14,5% sur la période.

 

1.    Réformes engagées

Dans le cadre des réformes économiques et financières engagées par le Gouvernement du Professeur Alpha CONDE, la Banque Centrale de la République de Guinée a mis en œuvre des mesures monétaires restrictives pour stopper le rythme de croissance des prix. Ces mesures ont concerné, notamment :

–    l’instauration du principe des dépenses de l’Etat sur base caisse ;

–    le resserrement de la politique monétaire dès le premier trimestre 2011 par le relèvement du taux directeur et du coefficient des réserves obligatoires en vue de freiner la croissance des liquidités bancaires déjà trop abondantes ;

–    la reconstitution des réserves de change, grâce aux recettes minières exceptionnelles en vue de stabiliser le taux de change et de ramener la confiance dans le marché de change ;

–    l’instauration du marché interbancaire de change qui a permis de financer régulièrement une bonne partie des besoins d’importations exprimés par les opérateurs économiques à travers leurs banques ;

–    le déplafonnement du montant de la rémunération de l’épargne, la réduction du coût des transactions bancaires par la suppression de la commission sur les retraits en devises, et la révision des conditions de banques qui s’est traduite par une baisse des frais et commissions appliqués aux opérations des agents économiques. Ces mesures ont pour objet, entre autres, d’inciter les agents à faire plus de dépôts dans les banques ;

–    la relance de la Centrale des risques par la prise en compte des engagements à partir de GNF 5 millions au lieu de GNF 15 millions en vue de contribuer à la transparence dans les opérations de crédits bancaires et par cela, réduire les risques liés au remboursement de ces crédits ;

–    l’introduction de la supervision bancaire basée sur les risques pour davantage adapter le contrôle des banques à leur profil de risques ;

–    le relèvement du niveau du capital minimum des banques qui passe de GNF 50 milliards à GNF 100 milliards. Cette décision a pour objectif de renforcer la résilience de ces banques, en vue de leur permettre de faire face au financement accru et sain de l’économie.

En plus de ces actions, la Banque Centrale a entrepris d’autres réformes, notamment :

–    la modernisation du système national de paiement dans le cadre du projet sous-régional Gambie-Guinée-Sierra Leone appuyé financièrement par la Banque Africaine de Développement (BAD) et mené sous les auspices de l’Institut Monétaire de l’Afrique de l’Ouest (IMAO) ;

–    la modernisation de son système d’information composante du projet système de paiement ;


–    l’évaluation du secteur financier dans la perspective de la mise en place d’une bourse des valeurs mobilières, grâce à l’appui financier et technique de la BAD et du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) ;

–    l’élaboration d’une nouvelle loi bancaire qui est adoptée par le Conseil National de la Transition (CNT) et promulguée par décret du Président de la République en date du 16 novembre 2013. Cette nouvelle Loi a la particularité de renforcer les missions de réglementation et supervision du secteur financier et de protection des déposants, de prévenir les risques et de mettre à disposition un ensemble plus complet d’outils de prévention et de résolution de crises.

2.    Résultats des réformes

Grâce aux efforts consentis par la Banque Centrale en collaboration avec le Ministère de l’Economie et des Finances, les principaux indicateurs macroéconomiques à fin décembre 2013 se sont améliorés dans l’ensemble. Le taux de croissance du PIB, bien que faible en raison du ralentissement des activités, en rapport avec les turbulences sociopolitiques, a été de 2,5%. En glissement annuel, le taux d’inflation s’est situé autour de 10% contre 20,8% en 2010. Cette baisse aurait été plus importante, n’eût été l’augmentation significative du prix du carburant à la pompe le 16 octobre 2011.

Le taux de change s’est stabilisé à environ GNF 7 000 pour 1 dollar US à fin décembre 2013, et les primes de change entre les marché officiels et parallèle sont de 1,5% pour le dollar américain et 0,9% pour la monnaie européenne contre 17,2% et 14,5% respectivement à fin 2010. Les réserves de change ont représenté environ 3 mois d’importations. Le point d’achèvement de l’initiative en faveur des pays pauvres très endettés a été atteint en septembre 2012, ce qui a permis une réduction de 66% de la dette extérieure guinéenne. La confiance des agents économiques dans le système bancaire s’est rétablie, et la part de la circulation fiduciaire dans la masse monétaire a considérablement chuté entre 2010 et 2013 au profit des dépôts bancaires.

3.    Perspectives

Dans les années à venir, la Banque Centrale entend poursuivre ses chantiers de réformes monétaires et financières afin d’assurer avec succès sa mission régalienne de stabilité des prix. Elle compte atteindre un taux  d’inflation à un chiffre en 2014. Elle compte en particulier :

–    finaliser et lancer le système national de paiement au cours du premier semestre 2014 ;

–    participer au lancement dès le premier trimestre 2014 des cartes à puce biométrique d’une technologie de pointe, hautement sécurisée débit/crédit en faveur des populations, même en milieu rural. La population, la Banque Centrale, l’Etat et tous les secteurs économiques trouveront leur compte dans l’utilisation de cette technologie ;

–    poursuivre avec le Gouvernement les efforts de reconstitution des réserves de change de la Nation afin d’atteindre et de maintenir un minimum de six (6) mois d’importations ;

–    formaliser et surveiller le fonctionnement du marché interbancaire de monnaie nationale ;

–    poursuivre les efforts d’assainissement et de renforcement de la structure financière des banques, des compagnies d’assurance et des Institutions de micro-finance ;

–    poursuivre les concertations avec l’Agence Monétaire de l’Afrique de l’Ouest (AMAO), la Zone Monétaire de l’Afrique de l’Ouest (ZMAO) et l’Association des Banques Centrales Africaines (ABCA) et la coopération bilatérale avec les Banques Centrales dans le cadre de la coopération monétaire.

Enfin, avec l’installation de la nouvelle Assemblée Nationale et la poursuite du dialogue politique, la situation politique pourrait s’améliorer et rassurer davantage les investisseurs nationaux et étrangers. La Guinée pourrait véritablement amorcer son processus de décollage économique. Le taux de croissance de son PIB pourrait ainsi atteindre 5,4% en moyenne entre 2014 et 2016, ce qui permettrait de réduire de façon significative l’extrême pauvreté qui sévit dans le pays.

Source: J.A Intelligeant/Aminata.com



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