L'AVCB commémore le 43ème anniversaire de la journée de pendaisons du 25 janvier 1971

En prélude de la commémoration du 43ème  anniversaire de la journée des pendaisons du 25 janvier 1971, l’association des victimes du camp Boiro (AVCB) était devant les journalistes ce jeudi  23 janvier à la maison de la presse pour parler de cette journée triste dans l’histoire de la Guinée, a-t-on assisté.

Dans une déclaration lue par son président Fodé Maréga, l’AVCB  parlant de cette journée de pendaison a fait savoir que c’est à l’aube que les populations de Conakry ont découvert d’étranges corps pendus aux rambardes du pont 8 novembre face à l’océan.

 

Poursuivant les conférenciers ont indiqué que ces silhouettes décharnées que la brise marine balançait outrageusement au bout d’une corde étaient parmi les meilleurs fils de la Guinée emportés par la vague des pendaisons iniques orchestrées ce jour là disent-ils dans l’ensemble du pays, ainsi que des pelotons d’exécution qui officièrent  la nuit du 24 au 25 janvier 1971.

« Dans une programmation digne des pires méthodes nazies, ces victimes expiatoires avaient été extraites des différents espaces concentrationnaires, dont notamment le camp kémé Bouréma de Kindia et le camp Boiro de Conakry pour être immolées sur l’autel de la haine et de l’injustice, à raison de deux  par chef-lieu de région, régions qui correspondent aux préfectures d’aujourd’hui. A Conakry, c’était de gauche à droite Barry III, Baldet Ousmane, Magassouba Moriba et Keita Kara de Soufiana tous compagnons de l’indépendance. Depuis lors tant de choses ont changé sans que personne à ce jour n’ait endossé le devoir de justice dont la charge pèse et continuera de peser sur le destin de la Guinée tant que les victimes de la si longue litanie d’injustice n’auront  pas recouvré la place, toute la place qui leur revient dans le panthéon de la Guinée », affirment les conférenciers.

Selon eux faire place à ces victimes, c’est de leur rendre justice, reconnaitre le caractère extrajudiciaire des instances qualifiées de tribunal populaire et révolutionnaire qui disent-ils ont siégé en dehors des institutions juridictionnelles légales et au mépris des lois et règlements de l’époque.

« Rendre justice, c’est déclarer nulles et non avenues les sentences prononcées par des structures circonstancielles et illégales agissant sur des dossiers instruits par le biais de l’instrument de torture et d’extorsion de faux aveux que fut le comité de forfaiture  complaisamment qualifié de comité révolutionnaire. Rendre justice, c’est déclassifier les fosses communes et les tombes des victimes, reconnaitre que ces hommes et leurs familles ont subit l’aveuglement de l’État, et restaurer les  doits et tous les droits qui ont été indûment bafoués à ce jour » ont-ils ajouté.

Les conférenciers ont annoncé qu’ils dédient  cette commémoration à la mémoire de Nelson Mandela et ont rappelé que même un régime aussi abominé que l’Apartheid a su préserver la vie de son ennemi déclaré, 27  années durant pour le rendre à l’humanité et à sa patrie, sans avoir détruit sa dignité d’homme.  L’AVCB organisera  samedi  25 janvier 2014 un cérémonial sur le pont 08 novembre à partir de 10 heures.

Mamadou Aliou Barry pour Aminata.com

+224 622 30 49 42

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