Sow Boubacar

La démocratie ne se résume pas à la simple tenue d’élections. La tenue d’élections est une conséquence du respect de la loi dont la démocratie a besoin et non une cause.

Le business de la presse se construit, se développe en Guinée au tour des personnes qu’elle utilise à ses fins et de ceux qui l’utilisent à leurs fins.

En effet, tout le monde sait que chaque question posée, a une valeur. De même, la façon de poser une question, facilite ou complique l’obtention de sa réponse.

Ceci dit ou ceci étant, face au glissement voulu, orchestré du calendrier électoral en Guinée par Mr Alpha Condé, son seul but est de mettre ses adversaires politiques dos au mur, mettre la dynamique politique et démocratique dans l’impasse.
L’objectif étant de profiter de cette situation d’exception qu’il souhaite créer pour se maintenir illégalement au pourquoi au-delà de 2020.

Tous les guinéens, particulièrement les professionnels de la presse audiovisuelle, écrite et électronique, doivent se saisir de cette situation pour se poser et poser des bonnes questions. Il s’agit de permettre à l’opinion publique de mener un débat citoyen, neutre, honnête et responsable.

Une presse responsable n’a pas pour vocation de poser des questions qui manipulent ou orientent le débat sur des questions aussi importantes.
Une presse responsable, pose de questions de façon neutre, désintéressée pour encourager, susciter des débats contradictoires permettant aux uns et autres de se forger une opinion sur les sujets d’intérêts national.

Pour revenir à la question du glissement du calendrier électoral qui débouchera bientôt, sur la fin des mandats de nos députés à l’assemblée nationale sans perspective d’élections pour les remplacer dans le délai fixé par la loi, les vraies questions qui méritent d’être posées sont entre autres de savoir par exemple:

– pourquoi et comment en sommes-nous arrivés là ?

– Qui au premier degré, en est le responsable ?

– Qu’est-ce qui doit être être envisagé par les citoyens, le gouvernement, la mouvance présidentielle et l’opposition pour prévenir cette perspective sombre pour notre jeune démocratie ?

Et pour y parvenir, essayer de mettre à table tous les scénarios, toutes les alternatives imaginables ou envisageables pour minimiser, anticiper ou prévenir les conséquences de cette crise politique en gestation.

Ces scénarios peuvent être entre autres:
– d’exiger la tenue des élections législatives conformément aux dispositions de la loi tout en prenant en compte les failles actuelles du fichier électoral que l’opposition a toujours dénoncée et exigée un assainissement sans succès.

– demander la démission des députés de l’opposition pour éviter de cautionner le jeu du pouvoir tout en ne perdant pas de vue que certains députés démissionnaires de l’opposition pourraient être automatiquement remplacés par leurs suppléants venant de la mouvance; c’est le système d’élection à la proportionnelle qui voudrait qu’il en soit ainsi.

– demander la démission de tous les députés de l’opposition, c’est tenir compte aussi, que certains d’entre eux, risquent de ne pas obéir aux directives de leur Parti avec le risque qu’ils soient ainsi rapidement, happés par le rouleau compresseur la mouvance présidentielle acquise à la cause de leur champion.

– demander la dissolution du parlement à la fin de son mandat tout en sachant que cette prérogative n’appartient qu’au Président de la République; mais, voudra t-il ou acceptera t-il de le faire ?

Si oui, quelles en seront les conséquences en cas des vacances du pouvoir, qui du point de vue de la loi, pour assurer l’intérim ?

Voilà un ensemble de questions qui ne se limitent pas seulement à accabler l’opposition, à leur lancer des défis ou les renvoyer dos à dos avec le gouvernement dans cette perspective de se retrouver bien tôt avec des députés en fin de mandat; donc illégitimes.

À la date d’aujourd’hui, il ne faudrait pas se tromper de débat, la seule personne qui profitera d’une assemblée illégitime et qui manœuvre pour qu’on en arrive là, c’est Mr Alpha Condé et ses acolytes.

Tout le monde connais la tactique de l’usure; c’est ce que Mr Alpha Condé veut et souhaite imposer à ses adversaires pour concrétiser son agenda personnel.

En conclusion, l’opinion publique doit refuser d’accepter la manipulation d’une certaine presse où les gens seraient mobilisés pour la cause, s’activent dans la manipulation, dans l’intoxication pour amener les guinéens à se tromper d’adversaire ou de combat.

Il s’agit particulièrement, dans la situation toute proche de notre assemblée nationale, d’éviter de prendre des conséquences pour des causes.

Si demain, nos députés sont hors mandat, le coupable, l’instigateur, c’est Mr Alpha Condé et de son gouvernement qui refusent de gouverner selon les dispositions de la loi.

Sow Boubacar, Fribourg (CH).

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