Guinée: le statut particulier du personnel de l’administration pénitentiaire en discussion

Les acteurs de l’administration pénitentiaires se sont retranchés, le Lundi 3 juillet 2017 dans la zone minière de Kamsar (Basse Guinée). Cette rencontre de cinq jours a pour objectif, procéder à une analyse approfondie des projets de textes d’application relatifs au statut particulier du personnel de l’administration pénitentiaire.

Durant cette période, quatre experts nationaux vont intervenir sur les objectifs desdits textes relatifs au régime juridique tout en édifiant sur le contenu du statut du personnel de l’administration pénitentiaire.

Dans son discours d’ouverture, le chargé de Programmes à la CGFED, Représentant le Chef de Cellule d’appui à l’Ordonnateur National du FED, Youssouf SOUMAH est revenu sur le programme en question dit : « Le Programme d’Appui à la Réforme du Secteur de la Justice (PARJU), financé par le 10ème Fonds Européen de Développement (FED) pour un montant de 20 000 000 d’euros a pour objectif global d’« appuyer les efforts du gouvernement en matière de consolidation de l’Etat de droit, de gouvernance, de promotion des principes démocratiques et de respect des droits humains, en particulier dans le domaine de la Justice et de la lutte contre l’impunité ».

Le PARJU poursuit-il, ambitionne de contribuer à la modernisation du système judiciaire et pénitentiaire, notamment par la mise en œuvre de plusieurs activités destinées au renforcement des capacités de l’administration centrale du Ministère de la Justice, du Conseil Supérieur de la Magistrature, des Cours et Tribunaux mais également du secteur pénitentiaire.

Pour Youssouf SOUMAH, l’un des volets importants de ce programme, est de contribuer à l’humanisation et la modernisation du système pénitentiaire guinéen. C’est dans ce sens que le présent atelier a été organisé afin de permettre l’application du décret portant Statut particulier du personnel de l’administration pénitentiaire et de la réinsertion, qui a été signé le 31 octobre 2016 par le Chef de l’Etat, Professeur Alpha CONDE.

De rappeler, il dira qu’au mois de février dernier, nous avons participé à un atelier aux côtés d’autres acteurs, destiné à l’élaboration d’une stratégie de réinsertion socioprofessionnelle des détenus. Cette stratégie a pour but de combattre la récidive et l’oisiveté au sein des prisons. En mai dernier, nous avons pris part à l’atelier de réflexion sur la santé des détenus.

Il a également cité quelques actions financées par l’union européenne dans le cadre du PARJU, dont entre autres, l’achat d’un fourgon cellulaire au profit de la Maison centrale de Conakry, destiné au transport des détenus et l’acquisition de deux autres en cours; la formation en France, à l’école nationale d’administration pénitentiaire d’Agen, de 13 cadres de l’administration pénitentiaire ; le recensement du personnel de l’administration pénitentiaire et l’identification de ses besoins en formation…etc.

Il a enfin souhaité à ce que les textes d’application soient signés rapidement par les autorités compétentes, afin que ce personnel qui a longtemps souffert, puisse enfin tirer profit de tant d’années de sacrifices.

La cérémonie d’ouverture a connu la présence de plusieurs personnalités dont entre autres, le Représentant du Gouverneur de la région administrative de Boké, Baba DRAME , le sous-préfet de Kamsar, Mme Samah KABA, le chef d’équipe des experts, Aliou BARRY et le représentant du chef de la cellule d’appui à l’ON, Youssouf SOUMAH.

La Guinée compte au total 33 établissements pénitentiaires, dont 08 Maisons centrales et 24 prisons civiles. Seuls 28 sont fonctionnels, les autres ayant été détruits suite aux évènements malheureux de 2007. Dans les juridictions où il n’existe pas de prisons, les personnes faisant l’objet d’un mandat de détention provisoire sont gardées dans les cellules des commissariats et des gendarmeries où elles cohabitent avec les « gardés à vue ».

Tenant compte de l’état de délabrement du système judiciaire, et sur la base de la Politique nationale de réforme du secteur de la justice, le Plan d’actions prioritaires 2014-2019 du Gouvernement fixe comme orientation stratégique entre autres d’« humaniser et moderniser le système pénitentiaire ». Dans cette orientation stratégique figurent entre autres les actions suivantes : l’évaluation des agents pénitentiaires et l’élaboration d’un programme cohérent de recrutement, de formation et promotion du genre, d’agents pénitentiaires qui tienne compte des besoins en personnel pour les prochaines années – et du recrutement de ressources spécialisées, dont des éducateurs au sein du ministère de la justice…

La question du personnel de l’administration pénitentiaire est posée bien avant 1984, date à laquelle, les prisons ont été rattachées au Ministère de la Justice. Les Gardes républicains, qui relèvent du statut militaire, n’ont plus été à même de poursuivre la mission de garde des établissements pénitentiaires.

En 2009, il a été fait appel à des bénévoles non rémunérés sans qualification ni formation qu’il a fallu régulariser. Ces bénévoles assurent leur subsistance en faisant payer les services rendus (allant jusqu’à faciliter les évasions) aux prisonniers et à leurs proches.

Oumar M’Böh pour Aminata.com
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