Est-ce les propos et le comportement d’un président ? (Opinion)

Lors du premier forum de l’étudiant guinéen au palais du peuple, le président de la République s’est laissé emporter. Comme à son habitude, notre cher président a répondu à la réclamation des étudiant-e-s concernant la promesse qu’il avait faite lors des élections présidentielles de 2015. Pour rappel, la promesse était « un étudiant, une tablette ». La réponse et le comportement du président étaient vraiment loin de la raison.

Le président Alpha Condé a toujours eu un comportement hostile envers la population guinéenne. Comme les seigneurs du Moyen-âge, il considère la population de manière générale comme ses serfs et ses militants comme ses vassaux. Pour preuve, le président a toujours clamé haut et fort que c’est grâce à lui que si une partie de la population arrive à s’exprimer aujourd’hui en Guinée. Pour lui, ces personnes lui doivent tout.

Depuis 2010 que le président Alpha Condé dispose de la destinée de notre pays entre ses mains, il n’arrête pas de nous insulter. Chaque fois que ce dernier est interpellé sur une des multiples promesses qu’il n’a pas tenues, il commence part nous insulter. Nous nous souvenons d’une de ses sorties médiatiques, il y a plus ou moins un an, contre les cadres malinkés; n’oublions pas ses propos contre les différentes centrales syndicales pendant la journée internationale de lutte des travailleurs ; mais aussi ses sorties contre les cadres guinéennes qu’il considère comme malhonnête ; etc.

La question que je me pose est de savoir jusqu’à quel point notre cher président compte-t-il nous mépriser ?

Revenons sur le sujet qui prévaut dans notre pays, il semble important de rappeler à notre président qu’une promesse tenue devant témoin équivaut à un contrat entre la personne qui a promis et celui à qui il a été promis : en l’occurrence, les tablettes promises aux étudiant-e-s par le président de la République lors des élections présidentielle de 2015. Il serait important de rappeler également que personne n’a obligé le président à faire cette promesse. La force d’un-echef-fe se mesure par le respect et la valeur de sa propre parole : les propos d’un-eprésident-e engagent tout un pays. C’est pourquoi, dans les sociétés modernes, on vérifie toutes les facultés des différent-e-s candidat-e-s à la magistrature suprême de leur pays. L’objectif est d’éviter à ces différents pays d’être engagé par les erreurs provoquées par leur président.

Le président reproche aux étudiant-e-s de s’être mal comporté devant des étranger-ère-s.

Monsieur le Président, je voudrais souligner que votre réaction a été bien pire, c’est elle qui a couvert de honte notre pays. Vous avez insulté le peuple de Guinée devant ces mêmes étranger-ère-s. Vous avez qualifié nos frères et sœurs de mal éduqué-e-s. Vous avez d’abord insulté nos parents, et vous avez insulté ensuite l’ensemble de la communauté et des enseignant-e-s. Parce que la responsabilité de l’éducation d’un enfant revient d’abord aux parents, ensuite son professeur et, enfin, à la communauté dont il fait partie ainsi qu’à ses représentants. Notez que dans ce cas, vous vous êtes probablement insulté vous-même par la même occasion.

Il est temps de confronter le président Alpha Condé sur son mépris vis-à-vis de la population guinéenne. Il est temps pour lui de se rendre compte que nous ne vivons plus sous un régime monarchique absolu ou de droit divin, il n’est le monarque de personne, nous ne sommes pas ses sujets.

Il est temps de confronter les acolytes du président : nous ne sommes pas dans un royaume et encore moins dans un empire où la société était considérée comme une famille. Ses conseillers voudraient nous tenir responsable des fautes du président, alors que le mieux pour eux et pour le pays serait certainement de dire la vérité au président. Nous voudrions aussi leurs dires que le président Alpha Condé n’est pas notre père ; qu’il n’a pas de légitimité à insulter le pays tout entier. Soutenir qu’il aurait parlé avec le cœur n’est pas une excuse pour insinuer que nos parents ont échoué dans leur mission. Entre le président et la population guinéenne, c’est un contrat social loin d’une relation entre un père et ses enfants. Tant qu’il continue de respecter ce contrat, il n’y aura pas de problème

Pour finir, je dirais à notre cher président que la population guinéenne est une population brave et courageuse. Elle mérite respect et considération de la part de tous ses dirigeant-e-s et intellectuel-le-s.

Diallo Oumar

Étudiant assistant social

In : Politique

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