Eboulement à Dar-Salam : une femme explique l’historique de la décharge mortelle

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Une mère de famille qui a perdu sa petite fille n’a pas mâché ses mots pour dénoncer la cause de l’éboulement de la décharge d’ordure au quartier Dar-salam, situé dans la commune de Ratoma.

Sous choc au lendemain du drame, Laouratou Barry, Habitante en bas de la montagne d’ordure est revenue d’abord dans ses explications la façon dont cette décharge à été installée à côté d’eux.

« Les ordures là se trouvaient avant à Kénien avant qu’on l’amène par là. Quand ils l’ont transféré ici au temps du feu président Lansana Conté, ils ont dit qu’ils vont dédommager certains pour quitter les lieux. Qu’ils vont construire une usine ici. Ils ont choisi certains et les dédommager, que nous on n’est pas concerné. C’est ce qu’on a entendu à l’époque. Ils ont donc dédommagé ces gens là. Eux, ils sont partis. Après cela, ils ont envoyé des machines et creuser. Ils ont fait tomber des maisons. Ils ont fait des faussés et des grillages entre nos maisons et les ordures. C’est dernièrement avant la mort du président Conté qu’on a compris que ce projet d’usine n’aura plus lieu. En ce temps, on s‘est levée nous les femmes pour savoir la cause », a-t-elle rappelé.

Quelques temps après, dans l’espoir d’atteindre leur objectif, les femmes de ce quartier ont décidé d’aller poursuivre l’affaire avec le régime d’Alpha Condé.

« On s‘est levée dernièrement pour aller rencontrer l’ex-gouverneur de la ville de Conakry feu Soriba Sorel Camara, on lui a expliqué nos problèmes. Ce jour là, il nous a bien accueillis et on a bien parlé avec lui. Il nous a dit que le Président Alpha Condé va faire déplacer ce dépotoir à côté de nous pour le transférer vers Kilomètre 5. A un moment même, on a suivi à la Télévision qu’il a fait la pose de la première pierre à Kilomètre 5 afin de transférer les ordures là-bas. Ce jour là, on était tous content, on a même dansé, on pensait que c’était fini », a indiqué la femme.

« Quelques jours après, on les voyait mettre encore des ordures et les  pousser  avec leur machine vers nos maisons. Une fois, nous les femmes on est monté les trouver en haut pour les demander ce qui ne va pas.  Ils nous ont répondu que c’est le gouverneur qui les a dits de mettre les ordures comme ils veulent », a-t-elle poursuivi.

Très inquiet des risques que cela peut causer, ils ont été très surpris de constater ces derniers temps la persistance du dépôt d’ordure sans arrêt. Et la machine sur la montagne d’ordure ne faisait que pousser les ordures vers les concessions d’en bas.


« Ces derniers temps, on a vu qu’ils se sont beaucoup engagés. Un militaire nous a même menacé ici, que si on ne fait pas attention, qu’il va nous tuer tous. Je me suis fâché contre cette parole, je lui ais dit que s’il me tue aujourd’hui, demain ce n’est pas moi qu’il va tuer », a témoigné Madame Laouratou.

Malgré le danger que les environnants craignaient, le pire les a pas échappé. pendant que certains dormaient que la machine a recommencé à regrouper les ordures sur la montagne pour les jeter à côté des maisons d’en bas. Très malheureuse pour le conducteur de la machine, son travail à causer des conséquences graves le matin.

« Avant-hier on dormait, vers 20 heures, on a entendu la machine qui regroupait les ordures et les pousser vers nos maisons. Le matin, la machine continuait à pousser les ordures  vers notre concession. Je me suis rappelé  ce que le militaire nous a dit qu’il va nous tuer, peut être c’est qu’il veut exécuter. Après, je suis partie après au marché pour acheter des condiments, c’est là-bas qu’on m’a appelé pour me dire que les gens sont décédés à la maison, suite à l’éboulement des ordures. Directement, j’ai couru pour venir. On a une mère qui vient d’accoucher.», a ajouté la dame.

Après le drame, le chef de l’Etat Alpha Condé s’est rendu sur les lieux pour constater les faits. Certaines familles victimes ont voulu profiter de l’occasion pour lui dire la vérité, mais ils ont été empêchés par des personnes qui ont préféré qu’elles se taisent.

« Quand ça s‘est passé, ils n’ont pas accepté que nous on parle devant les autorités. Hier j’ai voulu parler au président quand il s’est rendu ici, mais ils n’ont pas accepté de me donner la parole, si non moi j’étais prêt à lui dire la vérité », a-t-elle conclu.

Selon des sources officielles, ce drame a fait 9 morts et plusieurs blessés. Les victimes ont été inhumées ce mercredi 23 août 2017, au cimetière de Dar-Salam, non loin de la décharge.

A part le président de la République Alpha Condé, Sidya Touré, président de l’UFR, Cellou Dalein Diallo, chef de file de l’opposition guinéenne et Mathurin Bangoura, gouverneur de la ville de Conakry se sont rendus sur les lieux.

Ibrahima Sory Barry pour Aminata.com

Tel : (+224) 654-79-50-63

 



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