Dinguiraye: les collectivités locales risquent de perdre encore leur argent

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Dans le bulletin N°09 de l’ONG Actions Mines Guinée, un accent particulier a été mis sur la problématique de la bonne gouvernance en République de Guinée qui se pose avec acuité. Dans cette revue, des défaillances sont constatées à tous les niveaux, de la base au sommet. Ce mode de gouvernance caractérisée par l’inefficacité et la dilapidation des ressources cause d’énormes soucis aux populations censées être les bénéficiaires des œuvres accomplies dans le cadre du développement.

Pour ce qui est du cas particulier de la gestion des fonds issus de la taxe sur le chiffre d’affaire versés par la Société Minière de Dinguiraye (SMD), à la population de cette ville. Un fond qui fait des grincements de dents au niveau de la société civile. Cela, à cause de la non mise en place d’une structure devant gérer correctement ces fonds qui est le Conseil Préfectoral de Développement (CPD).

Selon, les informations, à ce jour, la préfecture de Dinguiraye est l’une des rares localités minières à ne pas avoir un CPD légal et fonctionnel. Ceci dénote d’un manque de volonté des autorités locales quant à la bonne orientation des fonds dont bénéficient les communautés sur le plan des redevances versées par la Société Minière de Dinguiraye. Depuis l’échec de la mise en place d’un CPD clair en 2016, la gestion des affaires est restée à un comité dénommé cellule de gestion administrative installée par le préfet sortant Mouloukou Souleymane Camara. Cette structure est loin de faire l’unanimité au sein de l’opinion préfectorale. Certains acteurs de la société civile pensent que cette cellule est à la solde des préfets qui se succèdent. « Ce comité est pilotée par une poignée de cadres, notamment le Directeur Préfectoral du plan et celui des micros réalisations. Ils sont sous la coupe du préfet de qui, ils reçoivent des ordres » soutient un acteur de la société civile rencontrée par Actions Mines Guinée.

Quant aux marchés, ils sont distribués à des fidèles. Leur gestion est une affaire de sous qui se partagent entre amis et fidèles de l’autorité préfectorale de Dinguiraye. Des marchés attribués à des entreprises le plus souvent locales dont la capacité technique et financière fait défaut. C’est pourquoi certaines réalisations effectuées ne répondent à aucune norme en la matière. « A Dinguiraye, tout le monde profite, des entreprises et PME sont créés de manière opportuniste par la plus part des cadres de la préfecture ainsi que certains acteurs de la société Civile », dénonce M. Diakité de la société civile.

A la question de savoir que fait la société civile locale ? la réponse est que : « Les organisations de la société civile locale déplorent le retard pris dans la mise en place du conseil préfectoral de développement (CPD). Cependant elle manque d’actions concertées. Ceci est favorisé par le fait que certains acteurs de la société civile font double jeux et participent à la conquête des marchés de réalisation des infrastructures. Certains acteurs qui sont déterminés à dénoncer ces pratiques sont confrontés à l’influence de certains notables. A ce jour, les manigances se font au vu et au su de tout le monde ».

Minée par des querelles d’intérêts entre cadres de la préfecture, élus locaux et certains membres de la société civile, la Préfecture de Dinguiraye risque d’être la grande victime des manœuvres pour le contrôle de la manne financière destinée au développement communautaire. Elle est en passe d’être sucée encore et encore par des cadres qui se cachent derrière des entreprises fantômes constituées pour le besoin de la cause. En manque d’une société civile forte et unie, tout porte à croire que les différentes manœuvres engagées auront raison sur le droit et le bon sens.

Oumar M’Böh pour Aminata.com
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