Avec la troisième république de la Guinée depuis son accession à l’indépendance en 1958, le pays s’enfonce du jour au lendemain dans une crise politique très inquiétante. Cette situation pousse certains citoyens guinéens vivant à l’étranger de briser le silence en dénonçant la mal chaîne politique qui gangrène le pays.

C’est le cas d’un guinéen vivant aux États Unis d’Amérique qui est sorti de son silence à travers un discours qu’il a tenu… Au cours de la rencontre avec la communauté guinéenne de Bronx, New York, aux États-Unis d’Amérique, Abdoulaye Amie Soumah a tenu un important discours à l’endroit de ses compatriote.

Selon Abdoulaye Amie Soumah, l’accomplissement de cette belle œuvre de fierté nationale a été possible grâce à la forte union, et de cohésion des guinéens, et guinéennes avec une seule vision motivée par l’amour, et la protection de la patrie.

<< Nous sommes très reconnaissants pour leurs sacrifices et la création de la République de Guinée. La suite a été douloureuse pour plusieurs familles, et très difficile pour le pays tout en entier. C’est l’occasion de saluer la mémoire de nos martyrs, et celle de tous ceux qui ont perdu la vie par le biais de l’injustice. La gestion du pays après l’indépendance a été très décevante pour beaucoup de guinéens ».

Il a poursuivi son intervention en déplorant que malgré les conditions difficiles liées à la gestion du pouvoir, les pères fondateurs ont pu laisser un pays riche avec un avenir prometteur. Une société dans laquelle la diversité était célébrée, l’entente, et l’union dans une grande famille africaine où le nom de famille n’était qu’un simple symbole d’identification.

« Les enfants Kaba étaient élevés dans des familles Diallo, Bangoura, ou Leno, et les Guilavogui se sentaient beaucoup plus à l’aise avec leurs frères Soumah, Bah ou Kouyaté, Komara, Doumbouya etc. Ils étaient tout simplement des guinéens. C’était ça ma Guinée. La Guinée de mon enfance », a-t-il poursuivi.

Plus loin M. Soumah a indiqué que la deuxième République n’a pas pu suffisamment capitaliser sur les acquis de la première pour bâtir une Guinée meilleure. Cependant, sous la direction d’une équipe militaire, elle a eu le mérite d’instaurer le pluralisme politique, la libéralisation des ondes, les libertés individuelles et collectives en préservant la cohésion sociale.

« Aujourd’hui, avec un régime dirigé par un intellectuel au rang de professeur de droit, force est de constater avec regret, la dégradation continue de cette liberté, et l’instauration graduelle d’une dictature inacceptable en 2018. Nos diversités culturelles qui constituent les premières richesses du pays, sont devenues nos problèmes majeurs », a-t-il regretté.

Il a ensuite déclaré que le simple nom de famille suffit pour déclarer la guerre et une haine indescriptible entre les frères ou sœurs de même nation. Pour faire de nouveaux ennemis, il n’est pas nécessaire de provoquer quelqu’un, il faut tout simplement dire son nom de famille à un de tes frères guinéens de différentes ethnies. Une triste réalité de ma Guinée qui ne mérite pas ce traitement indigne que ses fils sans cœurs ont choisi comme le meilleur moyen de gain facile, et l’enrichissement illicite pour certains.

« Je suis profondément convaincu que les criminels ne peuvent pas être dissociés de ceux qui ont la force de dénoncer, mais choisissent librement de garder le silence. Je refuse d’être complice d’une situation honteuse qui programme notre pays à demeurer indéfiniment dans la pauvreté avec une instabilité politique de graves conséquences ».

Suite à cela, Abdoulaye Amie Soumah a décidé de prendre une décision personnelle,  » j’ai décidé de rompre le silence afin d’exercer mon droit à la vie politique. J’ai décidé de parier sur la jeunesse avec une vision adaptée au présent. La classe politique actuelle essentiellement animée par nos aînés, a montré ses limites. Certains dirigeants peut-être ont la volonté de bien faire, mais malheureusement dépassés par l’actualité et la demande du présent. Pour satisfaire un besoin, il faut le connaître et surtout comprendre l’attente des bénéficiaires. On ne peut pas diriger le peuple d’aujourd’hui avec des idées d’hier  »

A cet effet, pour cette nouvelle aventure il dira: « j’ai comme partenaire de danse le MoDeL, Mouvement Démocratique Libéral avec à sa tête M. Aliou Bah, et un groupe de jeunes leaders essentiellement fait de patriotes, animés d’une ambition collective pour la Guinée avec l’ardent désir de changer la donne actuelle pour une Guinée meilleure et prospère. Mon choix du moment vient du fait que la politique, telle que pratiquée actuellement en Guinée ne donne aucune raison aux guinéens de rêver d’une vie meilleure avec l’espoir de laisser aux jeunes générations un pays beaucoup plus prospère que celui du passé. Je suis de ces nombreux guinéens qui se sont dit que la politique ne les intéresse pas, sans savoir que la politique s’intéresse à eux « .

A cause de cette position « naïve » qu’il appelle aujourd’hui handicap intellectuel, la Guinée s’est retrouvée privée d’une bonne partie de ses ressources humaines, et l’espace a été créé pour un groupe de personnes qui continuent à diriger le pays depuis l’indépendance avec un résultat qui est difficile à lire.

« je me dis que nous avons un certain degré de responsabilité de l’échec dont nous sommes devenus des consommateurs parce que victimes de notre inaction. Le MoDeL est un parti qui partage ma vision libérale pour la Guinée. Un parti qui n’a pas de président à vie. Un parti où le débat contradictoire est encouragé ».

Selon lui, s’il y a un seul guinéen qui peut regarder les images de la Guinée actuelle, et après dormir tranquillement, et bien, son seul conseil pour ce frère ou sœur c’est la visite de l’hôpital pour voir si le cœur est toujours dans le corps.

« MoDeL est fait pour répondre à un besoin, celui d’unifier le pays, donner aux compétents les places qu’ils méritent avec une nouvelle offre politique adaptée à la réalité du moment. Vous êtes tous invités à vous associer à son destin pour un meilleur destin de la Guinée et les guinéens », a-t-il souhaité avant de cette note de Thomas Jefferson qui disait: « le peuple a deux ennemis ; le criminel et le gouvernement, alors il faut attacher le second avec la chaîne de la constitution pour ne pas qu’il devienne la forme légale du premier. C’est ce que tous pays démocratiques utilisent parce que l’être humain est beaucoup plus émotionnel que rationnel, et le pouvoir qui n’est pas contrôlé est toujours abusé », a-t-il conclu.

Amadou M’Bonet Diallo pour Aminata.com

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