Cité Enco5: occupation anarchique de la chaussée

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L’occupation anarchique des abords des routes devient de plus en plus flagrante dans la capitale. Au grand rond-point de la Cité Enco5, des vendeurs se bousculent pour s’installer sur la chaussée à leur risque et péril.

Nous sommes au  marché de la Cité Enco5, sur la transversale Lambandji  Sangoyah dans la commune de Ratoma. Il est 17 heures. Des vendeurs accourent au bord de la route. Qui, muni d’un panier de condiments, d’un pot de fleurs, des chaussures, ou qui encore, des sacs, des habits, dans un tohu-bohu indescriptible, viennent squatter la voie.  Telle est la décoration des lieux  à partir du rondpoint jusqu’aux rails.

La chaussée, destinée au stationnement des engins roulants, en cette heure, est transformée en un véritable marché ou tout se vent et s’achète. Pendant que les uns étalent leurs marchandises sur la route, les autres se faufilent entre les véhicules pour écouler leurs produits. Cela crée très souvent l’un des embouteillages les plus monstrueux sur la route ‘’Le prince’’.

Quand on interroge ces vendeurs sur leur choix à occuper la chaussée avec tous les dangers qui y sont liés, ils répondent sans ambages «qui  ne risque rien, n’obtient rien».


«Ce n’est  pas l’Etat encore moins la police qui vont nous donner de quoi nourrir notre famille», soutient notre interlocuteur qui ajoute que s’il a  choisi d’occuper la chaussée c’est, dit-il,  uniquement pour attirer  l’attention des passants sur ses produits. «Personne ne va prendre sa marchandise et partir à l’intérieur du marché pour la vendre alors que les clients se trouvent à l’extérieur. Nous ne détenons pas ces habits pour embellir nos mains, mais plutôt pour les faire écouler. Il n’y a même pas assez de place à l’intérieur du marché pour qu’on puisse rester là- dans».

Pour leur part, les chauffeurs qui, en plus de la dégradation de la rue, se voient être confrontés à cet autre phénomène, ne cachent pas leur colère vis-à-vis de l’occupation anarchique de la voierie. Ils reprochent à l’Etat d’avoir été trop complaisant à l’égard des vendeurs. Car selon eux, le gouvernement est témoin de ce qui se passe, mais ne réagit pas.

A bord de son taxi, un conducteur bloqué dans l’embouteillage exprime sa rage en ces termes: «C’est vraiment déplorable de constater  que jusqu’à présent notre pays n’a pas dépassé ce stade. On ne rencontre ce genre de situation dans aucun pays normal. Ici, chauffeur et vendeur partagent la route à part égale. Les vendeurs sont entrés jusqu’au milieu de la route. Cette pagaille a atteint sa limite. On doit l’arrêter. Nous sommes obligés de conduire le plus lentement possible pour éviter de percuter quelqu’un. Il n’y a même pas des endroits le temps pour laisser les passagers descendre»,  déplore ce chauffeur.

Fatoumata Lamarana Diallo pour Aminata.com

+224 623 27 55 45



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