Boubacar Baïlo Bah: «à Boké, navons entendu les militaires insultés et nous les avons vus gâter des biens»

Le point focal du projet la Baïonnette intelligente, Boubacar Baïlo Bah a déploré que les forces de sécurité déployées à Boké pour le maintien d’ordre n’aient pas fait économie de leur force et se sont illustrées par des actes de vandalisme.   

Aminata.com: Quels sont les facteurs déclencheurs de ces violences?

Boubacar Baïlo Bah: Subitement, la ville de Boké a été le théâtre d’une grande manifestation déclenchée par les jeunes. Cela ne nous a pas surpris en tant qu’acteurs de paix. Nous vivons à Boké et nous connaissons les événements qui s’y passent. Cet événement devait se faire parce qu’il y avait des rumeurs d’une éventuelle descente des jeunes pour protester contre le passage des engins lourds dans la ville avec la pollution et ses conséquences. Nous avions rencontré le Sootikémo à cet effet. Par après, nous avons appris que les jeunes sont sortis barricadés les routes. Nous avons donné raison aux jeunes de protester leurs droits. Mais, nous leur avons condamné également parce que les édifices sont saccagés. Aujourd’hui, il faut voir l’EDG, le nouveau palais de justice, la mairie, la préfecture, la place des martyrs. Les forces de défense et de sécurité venues pour le maintien d’ordre ont plutôt aggravé la situation. Elles ont employé des balles réelles. Nous avons été témoin, nous avons vu parce que nous étions cachés quelque part à la Direction préfectorale de l’éducation (DPE). On a failli nous prendre nous-mêmes. Nous avons entendu les militaires insultés et nous les avons vus gâter des biens, lancer des pierres. C’est dans ces conditions là que le jeune Souleymane a été fusillé. Nous avons condamné fermement l’utilisation des armes non conventionnelles parce qu’il s’agit de maintien d’ordre.

Il se dit que la cause immédiate des manifestations c’est qu’un chinois travaillant pour une société minière ici à Boké aurait percuté accidentellement un vieux et aurait refusé de le transporter à l’hôpital. Qu’en dites-vous?

C’est vrai que l’accident a eu lieu, mais c’est à la suite la coupure du courant qu’il y a eu les manifestations.

D’après ce que vous avez vécu estimez-vous la réforme du secteur de sécurité est sur la bonne voie?

Nous avons vu qu’il reste encore beaucoup à faire dans les réformes du secteur de sécurité. Ceux qui doivent accompagner la promotion des droits humains ce sont eux-mêmes qui sont à la base des violences.

Quel bilan dressez-vous de ces violences?

Nous avons déploré un mort et 28 blessés. Et également des biens ont été saccagés. Les forces de sécurité sont rentrées dans les concessions pour piller les biens des gens. Les agents sont rentrés chez une dame du nom d’Aïssata Fofana faire de pillage. Ils ont pénétré chez un autre doyen, ils tenté vainement de prendre son véhicule après ils l’ont vandalisé. Une vendeuse de riz a aussi été victime des agents qui sont venus renversés le manger et voler tout l’argent qu’elle avait.

Quelles sont les mesures envisagées pour éviter la reproduction de ce genre d’événements?      

Chaque fin du mois, nous avons une assemblée générale. Nous avons lancé un appel aux comités locaux de paix, nous en avons dans tous les quartiers, de se retrouver ici pour écouter les différentes versions avant de prendre des mesures. Nous voulons faire à l’image du projet Baïonnette intelligente avec les jeunes de l’Axe Hamdallaye-Bambéto-Coza pour initier des volets de formation pour les jeunes de Boké.     

Abdoul Malick Diallo

+224 655 62 00 85

Dialloabdoul110@gmail.com

 

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