Boké: la raison doit prévaloir sur la passion

Depuis la nuit du lundi à mardi, la préfecture de Boké, région névralgique de l’exploitation minière est secouée par des violences de grandes envergures. Des affrontements qui, selon le dernier bilan auraient fait trois morts, une dizaine de blessés et d’importants édifices publics mis à sac.

Visiblement, c’est une folle journée qu’ont connue les habitants de cette préfecture très riche en minerai de bauxite. L’implication des sages et des autorités venues notamment de Conakry n’ont pas permis d’éteindre le courroux des protestataires. Ces incidents ont mis sur la place publique l’extrémité d’une colère inouïe.

Bien qu’incontestablement leurs revendications d’accès aux services sociaux de base demeurent légitimes mais rien ne justifie la brutalité et la destruction des biens publics occasionnées par ces violences. Depuis les années 70, des millions de tonnes sont extraites dans cette partie du nord-ouest du pays avec seulement une compagnie. Ces dernières décennies, de plus en plus des firmes minières internationales ont convoité cette zone réputée par la richesse de sa bauxite.

Guinea alumina corporation (GAC), Société minière de Boké (SMB), des grandes compagnies minières se sont installées et leurs productions promettent un lendemain meilleur pour les habitants. Déjà, Boké a commencé à changer de visage à cause de l’implantation de ces entreprises minières. Ces dernières années, des écoles, des centres de santé, des puits améliorés, des forages poussent comme des champignons. Certaines sociétés y compris celles qui sont en phase d’exploration mènent régulièrement des actions en service des communautés.

Aujourd’hui, à cause de l’installation de plusieurs entreprises, Boké est devenue une zone qui attire des milliers de ressortissants qui viennent des préfectures de toute la Guinée. Les prix des loyers ont connu une augmentation exponentielle à cause de l’arrivée massive des travailleurs.

Au-delà de cet impact social, un grand nombre des nationaux dont certains de la préfecture de Boké profitent de l’exploitation de la terre rouge. A ce jour environ quatre-vingt sous-traitants tous des Guinéens bénéficient des contrats dans le transport de la bauxite. Plus de 4500 camions dirigés par des nationaux sont associés par le consortium SMB/WAP/UMS. Un autre exemple, sur 22  machines chargeuses 15 appartiennent aux sous-traitants guinéens. Une inclusion dans l’exploitation de la bauxite qui participe sans doute aux développements local et national.

Pour revenir aux incidents de lundi, contrairement à certaine presse, les violences n’ont rien avoir avec la mort de l’imam. L’accidenté avait été renversé par une voiture. Il aurait été évacué d’urgence dans une clinique chic de Conakry où il a fini par rendre l’âme. C’est dire que l’occupation des jeunes sur des coins et recoins du centre-ville a été spontanée.

Par ailleurs, les infrastructures communautaires construites sur fonds propres à coût des millions des dollars profiteraient bien aux habitants de Boké. Une réalité qui réfute la version de certains vendeurs d’illusion qui estiment que la construction de ces immeubles est issue des bénéfices des mines. Pourtant, ce n’est un secret pour personne, toute entreprise qui envisage de s’implanter surtout durable sur un endroit bien déterminé construit d’abord son siège avant même l’exploitation de quelconque mine.

Il est important de noter, que certaines sociétés minières contribuent à hauteur de 12-13 millions USD, par mois au titre de la taxe d’exploitation et d’autres taxes liées au développement communautaires viennent s’ajouter à cela.

Aujourd’hui, les évènements de ces trois jours de soubresauts ne font qu’empirer les choses. Détruire les biens publics, blesser ses compatriotes ou mettre à sac les édifices privés ne profitent à personne. Les habitants de Boké et les autorités concernées doivent privilégier le dialogue pour trouver de solutions pouvant sortir cette préfecture de la précarité. « Fils de Boké acceptons de nous mettre autour de la table pour discuter de nos  0, 5 %, le problème d’eau et l’électricité et d’autres avantages liés à l’exploitation de nos ressources…« , explique-t-on.

Alpha Oumar Diallo pour Aminata.com

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