"Bah Oury ne peut pas dire qu'il est de l'UFDG et faire tout contre l'UFDG", déclaré Ousmane Gaoual Diallo, député de l'UFDG

0

« On est à près de 700 morts depuis l’installation de Alpha Condé… Il y a un grand problème entre Bah Oury  et le parti… Les FMI et la Banque mondiale ne garantissent pas le respect de la démocratie, c’est pour cela qu’ils sont présents en Russie, en Ukraine, en Guinée, en Indonésie, en Irak. »
Ousmane Gaoual Diallo, jeune député du parti principal parti de l’opposition a au cours d’un entretien qu’il nous a accordée, parlé des « divergences » entre le président de l’UFDG et son vice-président. Il parle aussi de la gouvernance du président Alpha Condé.

Aminata.com: que peut-on s’attendre de l’assemblée nationale pour l’amélioration des conditions de vie des guinéens?
Ousmane Gaoual Diallo: l’amélioration de conditions de vie économique incombent entièrement à l’exécutif, ce n’est pas au parlement de faire cela. Cela veut dire que si à l’assemblée nationale, lors de l’élaboration du budget on nous soumet des dispositions qui tendent à améliorer le niveau de vie des guinéens, on va les voter bien entendu. On peut suggérer des améliorations de ce budget mais on est dans la session budgétaire qui a déjà été validée par le conseil national de la transition(CNT). Ce sont les lois votées par le CNT qui vont s’appliquer et qui peuvent produire des incidents sur le niveau de vie des guinéens. La deuxième chose est-ce que la majorité aura de coups de franche pour délibérer indépendamment en se comportant en parlementaire du pays et non en parlementaire  au service de l’exécutif. Quand on sera en session des lois on pourra répondre à ces questions. Nous sommes déterminés à faire en sorte que des bonnes lois soient proposées par les parlementaires de l’opposition. Ces lois seront proposées à l’approbation de la représentation nationale. Maintenant est-ce qu’ils vont voter comme cela se doit, on ne sait pas mais ils seront à l’épreuve.

La Guinée abrite plusieurs visites de chefs d’État et des institutions financières internationales. Récemment c’est le roi de Maroc qui a fait un séjour de trois jours en Guinée. N’est-ce pas le régime de Conakry est fréquentable?
Je ne pense pas que l’arrivée du roi du Maroc puisse justifier l’idée d’un régime fréquentable. Le Maroc même n’est pas une démocratie, c’est une monarchie qui tend à être une monarchie constitutionnelle dont le chemin traîne. Ce n’est pas une monarchie démocratique. Ce n’est pas un secret. Il y a beaucoup de choses à faire. Ensuite, il y a tous les passifs qu’on est en train de construire depuis trois ans. On est à près de 700 morts depuis l’installation d’Alpha Condé. 600 dans les confrontations inter-ethniques à N’zérékoré, près de 25 à Zogota, 3 personnes à Kankan, 1 personnes à Pita, 60 à Conakry etc. On est à près de 700 morts depuis l’arrivée d’Alpha Condé au pouvoir. Est-ce que ça c’est une marque d’un régime démocratique? Moi je ne crois pas. Je pense que la Guinée reste au banc de la communauté internationale. C’est un régime qui agit encore dans l’autocratie par la violation totale de la liberté fondamentale. L’appareil judiciaire est en panne. On voit que toutes ces affaires n’ont fait à aucune information judiciaire, aucune poursuite, aucune condamnation. Cela montre  le mépris que le président de la République et son gouvernement ont pour les libertés fondamentales et les droits de l’Homme dans notre pays. La Guinée est loin d’être dans le standard des pays fréquentables si on tient compte du seul critère des droits et des droits humains.

Mais la communauté internationale est satisfaite de la Guinée. Le pays a renoué avec les institutions financières internationales.
Le critère que l’Union européenne avait posé à la Guinée c’est d’organiser les élections. On a organisé les élections, ils n’ont pas besoin d’aller plus. L’Union européenne soutient des pays complètement paria comme la Corée du Nord, comme des pays où il n’y a pas des libertés fondamentales. Ils ne vont pas associer le décaissement de certains fonds au respect des droits humains à l’abandon de l’arbitraire. Ce n’est pas vraiment un critère de bonne gouvernance qui est récompensé, mais plutôt le respect du calendrier électoral. Les FMI et la Banque mondiale ne garantissent pas le respect de la démocratie, c’est pour cela qu’ils sont présents en Russie, en Ukraine, en Guinée, en Indonésie, en Irak. Ils sont présents partout. Que ça soit la liberté ou pas, ils viennent pour investir et engranger de l’argent. Est-ce que c’est rentable? Est-ce que le marché est stable? Est-ce que là où ils investissent est stable? C’est ça leur critère.

Les institutions guinéennes sont-elles démocratiques?
Je dis non. L’exécutif guinéen n’est pas un exécutif démocratique. On ne peut dire que le régime de Alpha Condé, qui instaure une discrimination ethnique est démocratique. Aujourd’hui 100% de recrutements se font dans la communauté malinké. Ensuite l’institution judiciaire est absente de tout. Nos institutions sont en place mais sont loin d’être démocratiques. L’assemblée nationale sera à l’épreuve à partir du 5 avril.


Votre parti politique est miné par des querelles entre le président et son 1er vice-président. Selon vous quelles sont les principales causes de ces divergences?
Je ne pense pas qu’on puisse réduire le comportement actuel du vice-président Bah Oury à des querelles  avec Elhadj Cellou. Je ne crois pas que ça soit un problème personnel.  Aujourd’hui ce qu’on constate, il y a un grand problème entre Bah Oury  et l’UFDG dans le respect de la discipline du parti, le respect des structures, le respect de l’institution. Bah Oury parle souvent des valeurs. Quand il s’exprime dans les médias, il dit j’ai des valeurs, il faut les respecter et tout. Les valeurs s’incarnent dans les principes. Je vais vous donner un exemple, la constitution est un principe, respecter la constitution ce sont des valeurs. Il faut d’abord qu’on garantisse le respect des principes. Les principes dans l’UFDG, c’est le statut, c’est le règlement intérieur du parti. Maintenant respecter ça, c’est sont des valeurs. Peut-être qu’il a des différences de ces valeurs entre lui et moi, entre lui et certains cadres du parti. Cela ne doit pas le mettre en porte à faux avec les principes du parti. Parce que ça c’est de prendre une distance assez importante avec le fonctionnement de l’UFDG. Pour être concret lors qu’on est dans le parti on respecte les principes, les statuts et règlement intérieur. Quand on n’est pas là-dans, on refuse de respecter ces principes. Tout le comportement du Vice-président tend à dire qu’il ne respecte plus les principes alors que c’est lui qui doit clarifier sa position quant à son appartenance au parti. Ce n’est pas à nous. Il appartient à lui de dire qu’est-ce qu’il est. On voit qu’il prend une opposition extra-parlementaire, donc, il est en porte-à-faux avec l’UFDG. Il faut qu’il se détermine lui-même. Ce n’est pas à lui de commenter ces écarts. Si la presse réduit ses difficultés à une relation entre lui et le vice-président de l’UFDG.
Elhadj Cellou, c’est le président du parti mais ça ne veut pas dire que le problème est personnel. C’est quelqu’un et son beau-frère. Dans les questions familiales Bah Oury est marié à une nièce d’Elhadj Cellou. Donc, ils ont une relation familiale. Il n’y a pas de problème personnel entre eux, c’est un problème de principe.

Entre Elhadj Cellou Dalein Diallo et Bah Oury, qui a tort?
Aujourd’hui c’est Bah Oury qui s’exprime, c’est lui qui prend des positions qui s’éloignent des principes et fonctionnements du parti. C’est à lui de déterminer sa position, ce n’est pas à l’UFDG. Il a été acté  qu’à l’UFDG;  il ne sera pris aucune décision ni pour le sanctionner ni pour le contredire ni pour l’exclure du parti. Donc, c’est à lui de dire tant qu’il sera fatigué  voilà comment je vais marcher comment je ne marche pas. Cette position n’appartient qu’à lui et à lui seul.

Dans une interview que vous avez accordée à notre confrère de mediaguinee, vous avez dit que « la position de Bah Oury est intenable ». L’UFDG se dirige-t-elle vers l’implosion?
Le départ d’une personnalité aussi importante ne justifie pas l’implosion d’un parti politique. Moi je persiste à croire que ça devient difficile pour lui. Il ne peut pas dire que je suis de l’UFDG et faire tout contre l’UFDG. Quand on est de l’UFDG, il y a un minimum de solidarité et de respect. Il ne peut pas être vice-président du parti et organiser un meeting à Paris en excluant la fédération UFDG de France. Il ne peut pas organiser un meeting en Hollande et exclure la fédération UFDG de Hollande. Ou en Belgique ou aux États-Unis en excluant les structures, c’est ce qu’il fait. Et puis créer une association extra-parlementaire qui s’oppose au parti. Ça devient difficile de dire que je suis du parti. Moi je trouve sa position très difficile et intenable. A la longue il est obligé de clarifier sa position.

Donc, une sanction contre lui est exclue?
Ce ne sont pas les personnalités, ce n’est pas Ousmane Diallo, Cellou Dalein. Ce n’est pas Bah Oury qui fait que les militants sont des militants. Ils sont unis aujourd’hui, ils obligent le leadership à être uni. L’option de sanction est exclue parce qu’il est le Vice-président du parti, il est en exil aujourd’hui. Il n’est pas possible de prendre de décision contre lui parce que ça serait vu comme une décision arbitraire. C’est pour cela qu’on laisse faire. Sinon n’importe qui agirait comme il le fait aujourd’hui aurait subi la sanction du parti, ça je vous garants. S’il était sur le territoire guinéen et qu’il se comportait comme ça, il y aurait eu de sanction, parce qu’il y a de mesure disciplinaire à l’intérieur du parti. Sa situation personnelle nous oblige à ne pas envisager cette option. C’est aussi le fondateur du parti, il y a tout un symbole sur sa personne et la crédibilité qu’il engage. C’est injuste pour d’autres cadres du parti parce que si c’est Ousmane Gaoual qui agit comme Bah Oury, il y a longtemps qu’on l’aurait sanctionné. Mais Ousmane Gaoual n’est pas Bah Oury, Bah Oury n’est pas Ousmane Gaoual. Bah Oury a un symbole, c’est quelqu’un qui a une histoire dans ce pays. Et puis sa situation personnelle nous interpelle tous. Donc, on doit être plus indulgent et plus ouvert. On n’exclut pas un fondateur comme ça. Il faut beaucoup de précautions.

Est-ce qu’il y a une chance de concilier les deux hommes?
Il y a eu beaucoup des médiations. Elles sont en cours aussi. Si Elhadj Cellou ne répond, ça donne une chance à une  réconciliation. C’est pour cela que quand nous ne répondons pas à Bah Oury, c’est pour ne pas envenimer la situation. C’est pour ça qu’on ne dit rien. C’est pour donner la chance à la réconciliation.

La question de l’homosexualité commence à être un sujet de débat. Quel est votre avis?
L’homosexualité  fait l’objet de débat dans les quartiers mais pas un débat au parlement. Je ne pense pas que ce sujet soit débattu au parlement. Je n’en ai rien à foutre de l’homosexualité. Je ne pense pas que ça soit un sujet sur lequel les sociétés guinéennes soient mûres pour discuter. Nous sommes une société extrêmement conservatrice, très fondée sur la religion musulmane, qui depuis l’éducation à la base, on a été bercé par ça. C’est très difficile de se départir de ces valeurs pour épouser des nouvelles valeurs. C’est ce que je dis tant tôt dans une de mes déclarations. Il faut se poser la question de la résurgence de ce sujet dans notre pays. Il faut mettre ça en corrélation entre les couleurs d’arc-en-ciel. Vous savez bien que l’arc-en-ciel, c’est le drapeau de la communauté gay et lesbienne du monde. Est-ce qu’il y a une relation entre ce drapeau et l’arc-en-ciel du RPG. Moi je n’en sais rien. C’est peut-être quelque chose que le RPG cache. Mais ils nous trouveront sur leur chemin.

Entretien réalisé par Alpha Oumar Diallo pour Aminata.com
apha.oumar@aminata.com
+224 666 62 25 24



PARTAGER
Article précédentDernière minute: mandat d'arrêt lancé contre deux anciens ministres de Lansana Kouyaté
Article suivantCommuniqué de la Banque Centrale de la République de Guinée
Aminata.com Guineenews politique Guinée site d'information sur les nouvelles de la République de Guinée. Signalez réagissez : Vous pouvez contacter l’équipe de journalistes qui travaille à Aminata.com pour lui soumettre un texte, témoigner de ce qui vous est arrivé, signaler une information, relever une erreur, réagir à une actualité… Contactez-nous 973-477-6624 USA 224-664-328170 ou le 623 52 6 27 Guinee URL http://aminata.com Email: amadou@aminata.com Régie Publicitaire : 83kindy@gmail.com +224 656 0287 25 Conakry/ +336 98 48 57 52 France

1 COMMENTAIRE

  1. je beaucoup du respect pour monsieur ousmane gaoual mais sincerement dans l’interet de l’ufdg tenter de regler les divergences entre bah oury est cellou reste primordial pour le survie du partie

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here