Antonio Souaré: « je viens pour la vraie rupture »

Le richissime promoteur de la très célèbre boite de loterie Guinée Games est candidat au poste de président de la Fédération guinéenne de football (FEGUIFOOT). Antonio Souaré nous a accordé un entretien exclusif en compagnie d’une équipe des journalistes au cours duquel il dévoile son programme pour relancer le football guinéen confronté à une crise majeure.

M. Souaré pense avoir des solutions pour réveiller ce secteur de la base au sommet. Propriétaire du centre de formation de Yérokoguia (Dubreka), le président de Horoya revendique plusieurs réalisations. Lisez.

Aminata.com : vous êtes candidat au poste de la présidence de la Fédération Guinéenne de Football. Dites-nous qu’est-ce qui motive votre candidature ?

Antonio Souaré : ce qui motive ma candidature, c’est que je veux franchir un palier. C’est-à-dire, je sais qu’aujourd’hui, je peux apporter beaucoup au football guinéen. Et, il y a une certaine carence au sommeil. Je viens contrer ça. Je viens pour la vraie rupture. Montrer aux guinéens comme je l’ai fait avec les clubs et la ligue. Et maintenant, c’est la fédération qu’il faut prouver aussi. Parce que, quand je venais dans le football, le championnat était inexistant. Aujourd’hui, le championnat est devenu attrayant. Ensuite, quand j’ai parlé de la ligue professionnelle les gens n’y croyaient pas. Mais, aujourd’hui on a vu qu’il y’a une véritable ligue professionnelle et ça créé un engouement extraordinaire. Donc, comme l’amateurisme est au niveau de notre football, nous sommes venus pour apporter notre contribution pour qu’il reprenne sa place dans le temps.Voilà ce qui a motivé ma candidature.

Ce n’est pas un problème de personne. Nous avons une vision. Cette vision, aujourd’hui, est que les guinéenne ont vu ce qu’on a fait et ils croient en nous. Et c’est cette vision qu’on veut achever .C’est pourquoi, nous voulons prendre la fédération guinéenne de football.

Vous avez une ambition pour relancer le football guinéen, alors parlez-nous de votre programme ?

Nous, notre programme est très simple. D’abord, il faut restructurer notre football de la base au sommet. Je l’ai dit. Je le redis. Aujourd’hui, les CEFA n’existe pas. Le national n’existe pas. Il n’y a pas de championnat intégral en Guinée. On avait commencé par le sommet, ce qui n’est pas une bonne chose. Le championnat guinéen ne se limite qu’à la ligue un ou deux. Là aussi, il ne se jouait pas dans les règles de l’art, il a fallu notre arrivée. Il a fallu qu’on impose à la ligue professionnelle pour qu’il y ait un championnat digne de nom en première et deuxième division. Mais, cela ne tient pas. Quand vous faites le sommet et que la base n’est pas préparée ça devient un problème. Aujourd’hui, il faut créer les centres de formation (CEFA), c’est la base de notre projet fondamental. Notre support sera sur la formation. Parce que quelqu’un qui n’est pas formé, qui n’a pas d’outil ou qui n’a pas d’arme, il est faible. Donc, après les CEFA, il faut organiserle championnat national 1 et 2, pour qu’il ait un championnat intégral. Sinon, ce football n’existera pas. Parce que, vous n’avez pas de base. Vous n’avez pas de réserve. Aujourd’hui, on veut d’abord mettre la colonne vertébrale de notre football. Tant que nous n’avons pas une structure solide, notre football sera un géant au pied d’argile.

Vous savez, il y a beaucoup de subvention qui vivent qui sont gérées dans l’opacité. Nous, nous ne venons pas pour se servir du football. On vient pour servir le football. C’est pourquoi on a commencé par les clubs. On a fait des réalisations. On a mis des centres. On a mis un centre intentionnel. On a mis à la télé pour la visibilité du championnat. On a mis pour des reportages surtout le  territoire national. Ça c’est notre propre effort avant d’arriver aux affaires. C’est pour dire que nous nous ne venons pas pour prendre. Et tous ceux qui sont passés sont venus pour prendre. Et aucun guinéen n’est capable aujourd’hui de vous dire qu’est-ce qu’ils ont réussi comme subvention de l’Etat, des sponsors de la FIFA ou de la CAF. Et c’est là où nous nous voulons de montrer. Le football est géré en Guinée d’une façon verticale. Nous, nous venons gérer notre football de la façon horizontale. C’est pour vous dire que le football ne s’arrête pas à Conakry. Conakry c’est la capitale de la Guinée. Il faut développer le football en profondeur de la Guinée. Et c’est pourquoi, je voudrais bien que vous qui vous intéressez aux sports d’apprendre un peu l’histoire de votre pays. L’histoire du football et vous allez voir depuis les indépendances tous les grands footballeurs de la Guinée ne sont pas venus de Conakry. Ils sont tous venus de l’intérieure du pays. Parce qu’il y a quand même une gestion horizontale. Aujourd’hui, pour que tu puisses jouer dans l’équipe nationale, il faut venir à Conakry, ce qui est  anormal, cela créait  de l’exode rural dans le football. Il faut donner les moyens à la base pour mettre les terrains. Et ouvrir des centres à l’intérieur du pays.

Mr Souaré, Vous êtes l’une des personnes à avoir révolutionné le football guinéen, cela se voit par vos actes sur terrain. Aujourd’hui, vous voulez être à la tête de la fédération guinéenne de football ce qui fait craindre d’autres personnes qui pensent que vous voulez vous accaparer de tout. Que répondez-vous? 

Non-non ! Non ! C’est ce que je dis de l’amateurisme, de la délation. Parce que ce sont ceux qui ne connaissent pas le football. Ce n’est pas un métier. Ce n’est pas une profession. Le football se gère dans l’ensemble. Aujourd’hui, j’ai une reconnaissance sur le plan africain et sur le plan international. Je viens d’être nommé à la FIFA. C’est cette connaissance que je dois mener. Comment on peut s’accaparer du football ? Vous m’avez trouvé dans mon bureau. La fédération est une association, ce n’est pas une société. Là où vous êtes comme ça c’est une société qui m’appartient. Donc, c’est là où je travaille. D’abord une fédération forte c’est quand vous avez des commissions fortes. Ces commissions n’ont jamais existé en Guinée. Ils ont existé sur le papier. Mais vous n’allez pas sortir un seul guinéen ou un seul PV pour vous dire qu’il était dans une commission de travail pour un jour pendant 50 ans d’indépendance. Donc, aujourd’hui, le football est productif. Il est model. On veut changer tout cela et amener notre savoir-faire. Nous voulons amener aussi notre service. Nous ne venons pas pour se servir on n’en a déjà. On a créé un centre international, le plus grand d’Afrique. Quand les instances du football sont venues, ils m’ont dit que je n’ai pas créé un centre mais un empire. Parce que cela peut servir toute l’Afrique. Nous, on a préféré commencer à la base. Et ceux qui ont été parachuté. C’est pourquoi on est toujours dans l’amateurisme.

Vous avez parlé du championnat guinéen, mais le constant révèle que le championnat se résume sur deux clubs le Horoya et AS Kaloum. Alors qu’est-ce qu’il faut pour changer cela ?

Non ! C’est pourquoi, je vous demande mes chers frères d’apprendre très bien l’histoire de votre pays. Ce derby a existé depuis notre temps d’enfance. C’était Conakry 1 et Conakry 2 cela n’a jamais changé jusqu’aujourd’hui. C’est-à-dire, la ville contre la banlieue. Mais, le championnat aujourd’hui, vous avez des équipes comme le FC Satelite, Fello Star, CIK (Club Industriel de Kamsar), Batè FC, Atletico Club et Wakiliya qui viennent de monter. Vous avez toutes ces équipes aujourd’hui. Cela ne vous dit rien, s’il n’y avait pas de progrès ? S’il n’y avait pas d’émulation, s’il n’y avait pas cette concurrence. Ces clubs-là, une fois vous avez entendu leurs non ? Et, ce sont ces clubs aujourd’hui, qui titille aussi dans le championnat. Prenons le classement du championnat qui se joue actuellement. Wakiliya qui était premier l’année dernière est deuxième pour le moment. Donc, c’est pour vous dire qu’il y a une évolution dans notre championnat. AS Kaloum et Horoya souffrent devant. Ces équipes là aujourd’hui, vous verrez qu’il y a 7 équipes de Conakry contre 7 équipes de l’intérieur. Et si l’évolution se fait ainsi, un jour vous verrez qu’il aura deux ou trois équipes de Conakry contre les équipes de l’intérieur.  C’est pourquoi, je vous dis que nous nous voulons gérer d’une façon horizontale.

Vous avez construit un centre international. Est-ce que, dans votre programme, comptez-vous construire d’autres centres dans les préfectures de l’intérieur du pays ?

Ecoutez ! Il y a des plans de subvention que la FIFA et la CAF donnent pour ça. Nous voulons montrer aux guinéens l’argent que la FIFA et la CAF donnent pour faire des centres et autres. Nous allons le faire là où c’est indiqué. Et, nous allons faire des conférences de presse avec par trimasse par semasse, par an et le bilan il le sortira. Cette année, nous on a géré la ligue professionnel malgré qu’on n’a pas eu de subvention ni de l’Etat ni d’aucun organisme ni de la fédération. Mais on a pu gérer avec nos propres moyens. Mais, ce qui était là, c’est ce que la FIFA envoie, c’est ce que la CAF envoie mais où se trouve cet argent-là ? Ce n’est ni dans le développement, ni dans le fonctionnement, ni dans les réalisations. Donc  nous venons contre ça. Nous ne venons pas contre quelqu’un, nous sommes tous des frères en Guinée.

Mr Antonio Souaré, nous sommes à un pas des élections. Quel est votre message à l’endroit des électeurs ?

Je dis aux gens de ne pas voir les personnes mais plutôt de voir les bilans des personnes. Voir leur savoir-faire, leurs visions pour faire la différence entre le bien et le mal pour ceux qui peuvent ou qui ne peuvent pas.

Merci d’avoir accepté cet entretien.

C’est moi qui vous remercie !

 

Interview réalisée par Alpha Oumar Diallo d’Aminata.com et de Moussa Traoré du site www.guineesynthese.com

 

 

 

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