Amadou Diaby : « quand je suis avec un Antonio Souaré je peux bien aider le football guinéen »

Candidat à la première vice-présidence de la FEGUIFOOT, Amadou Diaby ambitionne d’engager des réformes pouvant relancer le football guinéen actuellement en crise. Il espère avec son programme « réaliste et pertinent » qui met en exergue le football à la base, parvenir à bâtir une équipe dynamique de Syli national. Amadou Diaby a accordé cette semaine à votre quotidien en ligne un entretien exclusif. Au cours de l’interview, il a étalé son programme qui va selon lui en droite ligne avec l’engagement d’Antonio Souaré pour donner un nouveau souffle au football guinéen.

Aminata.com : après la chute de l’ancienne équipe dirigeante de la FEGUIFOOT où vous étiez membre, dites-nous pourquoi vous-avez encore postulé votre candidature au poste du 1er  vice-président à la tête de cette instance du football guinéen?

Amadou Diaby : je suis candidat au poste du 1er vice-président parce que c’est une continuité. Comme vous le savez, le mandat du comité exécutif, c’est un mandat de quatre ans renouvelable. Malheureusement, je n’étais pas venu pour faire 6 mois en tant que 1er  vice-président. J’ai été élu sur les 121 voix et j’ai récolté 96 voix, ce que les membres statutaires m’avaient  mandaté pour défendre leurs voix et leurs causes. Parce que vous connaissez quand même les problématiques dans notre football. Donc j’étais venu, mais on ne s’est pas compris  avec l’ancien président, ce qui nous a conduits au crash. On devrait faire quatre ans de mandat alors qu’on n‘avait pas terminé l’autre mandat. J’ai décidé de revenir pour vraiment faire le travail comme on me l’avait confié par les membres statutaires.

Alors, est-ce que votre programme a changé ou c’est l’ancien programme qui continue ?

Non ! Le premier programme était de mettre d’abord l’organisation en place. Vous n’étiez pas sans savoir que notre football souffre de sa gestion. Moi, je connais ceux dont souffre le football guinéen. Nous aimons accuser nos joueurs du Syli national, pour dire que le Syli national n’a pas de joueurs. Or,ce n’est pas un problème de joueurs, c’est un problème de dirigeant dont souffre de la gestion et qui dit gestion c’est la tête. Notre football a été négligé depuis à la base. C’est pourquoi j’avais mis le tournoi de détection en place. Une institution c’est là où on réfléchit, c’est là où on fait avancer les choses. Mais quand vous arrivez dans une institution où il y a un PDG ou une boutique, là c’est autre chose. Le programme que j’avais, je n’ai pas pu faire exploiter avec le comité exécutif parce qu’ily avait une personne qui était là qui gérait la chose unilatéralement.

Sans langue de bois, dites-nous qui est cette personne qui mettait les bâtons dans tes roues ?

C’est un problème personnel, un problème d’intérêt, moi je crois qu’une institution, comme une fédération doit générer de fond, doit générer le financement pour permettre à notre football d’avancer. Depuis 40 ans, notre football tourne autour du pot. Aujourd’hui, le monde évolue dans le numérique digital, ce n’est plus les dactylos d’avant. Maintenant, tout le monde est sur internet. Notre institution doit être sur l’internet. Il faut mettre des moyens pour faire avancer notre football. Il faut aimer ce métier. Il faut être passionné du foot pour avoir des bons résultats.

Aujourd’hui, quelles sont vos stratégies pour relancer le football guinéen ?

Je salue d’abord le nouveau statut de notre fédération. Au moins, ce statut a permis à ceux qui ne pouvaient pas participer au congrès,d’y participer. Maintenant, il y a des anciens joueurs qui peuvent poser leurs candidatures, les médecins, les footballs féminins etc… Nous avons posé les actes patriotiques. J’ai rendu mon mandat pour dire que la mauvaise gestion doit terminer. Donc, il y a urgence aujourd’hui dans notre football. Notre football besoin de l’organisation d’abord qui compte, le développement et son image. Cela englobe toute la formation des joueurs, des arbitres, des éducateurs. Il faut règlementer le football à la base. Comme aujourd’hui, on n’aura la Ligue amateur. Parce qu’avant, quand je faisais le tournoi de détection, j’étais un visionnaire. J’ai bien compris. Pour aller plus loin, c’est le football à la base. Si aujourd’hui on regarde les jeunes que j’avais eu en 2007 ce sont ces jeunes-là qui jouent à l’équipe nationale de Guinée. Et les cadets qui jouent aujourd’hui. Ce sont ces cadets que j’ai recrutés en 2013. Imaginez-vous, si tout le monde m’avait appuyé, si tout le monde m’avait accompagné à l’époque, aujourd’hui la Guinée allait avoir des grands joueurs.

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Alors que quand on est un président de la fédération guinéenne de football qui est déjà passé en 2001, un mandat, vous avez été suspendu et vous avez amené la Guinée à une suspension avec la FIFA. Dieu vous donne la chance de revenir on vous soutient, vous revenez, vous devez changer en principe. Mais vous venez, vous n’arrivez pas à faire mieux, c’est très compliqué. Quand vous prenez notre stade, il n’y a pas beaucoup de personnes qui viennent dans nos stades. Mais qu’est-ce qu’il faut aujourd’hui pour faire ramener les gens au stade, les investisseurs ou le sponsor qui ne croient pas à cela. Il faut aller vers eux, leur faire comprendre qu’il est important d’accompagner le football guinéen. C’est du gagnant-gagnant. Mais pour leur faire comprendre, il faut être un professionnel, une personne qui connait le foot. Aujourd’hui, Antonio Souaré a un centre de formation. Ce centre de formation investit maintenant. Et dans quatre ans ou cinq ans, peut-être, il y aura des Messi dedans.

On a l’impression que notre championnat se résume sur les deux Clubs Horoya et AS Kaloum, qu’est-ce qu’il faut pour renverser cette tendance ? 

Il faut faire plus de financement dans notre football. Vous savez que les Clubs sont très pauvres en Guinée. Donc, il faut avoir de la subvention de la part de l’Etat par an et l’accompagnement des sponsors. Jepense qu’il aura une très bonne organisation, voire une rivalité. Parce que les Clubs n’ont pas de moyens. Quand il y a d’autres qui ont les moyens, en ce moment, il y a cadence, donc il y a problème. C’est pourquoi la lutte que nous voulons mener dans ce milieu, c’est vraiment de faire en sorte que le blason que la Guinée avait à l’évoque reprenne son blason. Donc, nous voulons mettre en place la grande fédération pour faire évoluer notre football.

Alors qu’est-ce qu’il faut pour permettre à un jeune qui est à Yomou ou à Boké de montrer son talent ?

C’est pourquoi il y aura cette fois-ci un président de la Ligue professionnelle qui va être mis en place et un président de la ligue amateur. Avant, cela n’existait pas. Maintenant on va les organiser pour qu’ils jouent en intégralitéle championnat comme la Ligue 1 et 2.

Pour le moment, nous n’avons quepeut-être le centre de formation de Antonio Souaré. Est-ce que dans votre programme, vous préconisez de construire d’autres centres de formation à l’intérieur du pays ?

Aujourd’hui, il y a urgence. On a par exemple le projet GOLE qui est là aujourd’hui. Depuis qu’on nous a dit que le projet GOLE a été construit en Guinée, il n’est pas opérationnel. Je ne peux pas comprendre que je sois président de la fédération guinéenne de football et qu’on invente le centre de Nongo qui n’est pas opérationnel. C’est comme un musée qui est là et qu’on vient regarder mais à quoi ça sert d’avoir un musée et qu’on ne peut pas exploiter ?

Nous avons cherché des terrains ici dans les différentes régions pour avoir un bon championnat. Parce que quand vous voyez les gens jouer à l’intérieur du pays avec les caillons vous vous attendez à quel résultat ? Le football est aujourd’hui abandonné à l’intérieur du pays. L’ancien président avait dit qu’il allait accompagner le football mais il n’a pas respecté. Tout le monde connait, la FIFA envoie de l’argent pour le football. Normalement, on devrait appeler les journalistes devant le comité pour annoncer l’argent que la FIFA envoie pour le développement de notre football en Guinée. Mais quand l’argent arrive, aucun membre n’est au courant et un seul individu s’accapare.

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Peut-on savoir quel est le montant que la FIFA donne par ans ?

Je crois que c’est 250.000 dollars par an que le FIFA donne à la Guinée.

Est-ce qu’on peut parlez de détournement ?

Je suis arrivé la fédération en Août 2015. J’ai quitté la fédération 6 mois après. Je n’étais pas même pas entré en fonction, parce que l’ancien président m’avait complètement bloqué. Il ne voulait pas ma présence à la fédération. Il ne voulait rien savoir de moi. On avait 17 commissions dans notre statut et il ne voulait pas qu’on travaille. Tout se résumait à lui seul.

Vous étiez en désaccord avec Super V. Ce désaccord avait conduit à l’implosion de la Feguifoot. Peut-on dire actuellement que vous soutenez la candidature d’Antonio Souaré ?

Oui ! À 100%, je soutiens la candidature de Antonio Souaré pour plusieurs raison. D’abord avant que je ne vienne à la fédération, j’avais financé le football à titre personnel. Aujourd’hui, Antonio Souaré aussi a investi beaucoup dans le football et il continue à investir. Donc, aujourd’hui vous ne pouvez pas dire le contraire. Il est le chef de fil de notre football. Aujourd’hui,grâce à Antonio que la jeunesse guinéenne a un centre de formation. Il met cela  à la disposions de la jeunesse guinéenne. Même si j’avais des ambitions de me présenter président de la fédération guinéenne de football vue déjà que j’étais 1er vice-président et que je n’avais pas achevé mon mandat, il fallait apprendre et aller  beaucoup plus en avant. Parce que quand je suis avec un Antonio, je peux bien aider le football guinéen et on peut avancer pour le bonheur de notre football. C’est pourquoi je le soutiens.

Les détracteurs d’Antonio craignent que s’il devient président de la Feguifoot qu’il n’y ait pas un conflit d’intérêt. Votre avis ?

Vous savez, il y a un  problème en Guinée. Dans quel pays du monde, on peut briguer des postes sans démissionner ? Le moment n’est pas arrivé. Le moment venu,Monsieur Antonio quittera la ligue professionnelle pour la présidence de la fédération guinéenne de football.  Mais il va démissionner.

Il y a KPC qui a postulé. Je crois que KPC a un bon profil et il est soutenu par l’ensemble de notre football.  Quand tu prendsl’exemple sur KPC, il a pris une équipe il met des moyens sur une équipe. Comment vous voulez que les gens qui financent des équipes, mais pendant que les gens veulent prendre des postes pour faire avancer les choses vous vous opposez ? Mais, pourquoi les détracteurs-là ne font pas aussi comme eux. Je crois qu’il y a urgence si on n’a pas les gens comme les Antonio, KPC, Bouba Sampil et autres. Je pense que notre football va sombrer.

Monsieur Diaby, si vous êtes élu entant que 1er vice-président pour ce congrès, dites-nous quel rôle comptez-vous jouer ?

Un grand rôle, un très grand rôle. Etre ambassadeur auprès du président élu et travailler avec une équipe qui sera là pour me donner des idées et que j’apprendrais aussi avec le président qui sera là. Je suis un manager. Je connais le monde. J’ai des connexions un peu partout dans le monde. Ça sera la première fois qu’on ait des commissions de travail dans le sport. Une seule personne ne peut pas faire fonctionner une fédération.

Votre mot de la fin ?

Mon de la fin, j’avais adressé une lettre à tout le peuple de Guinée. Quand ton parle du foot,on parle la Guinée. Je demande à tous les membres statutaires d’êtrepositifs et le temps c’est maintenant pour faire les reformes au sein de notre instance du foot. Avoir un Antonio Souaré comme président de la FEGUIFOOT, c’est vraiment la Guinée qui gagne. Avoir un 1er vice-président comme Amadou Diaby avec des bons membres de la fédération guinéenne de football ça sera une question d’extraordinaire.

 

Entretien réalisé par Alpha Oumar Diallo d’Aminata.com et de Moussa Traoré de Guineesynthese.com

alphanyla@gmail.com

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